• Climatologie: à partir d'un modèle de climat, la première simulation de la mise en place de la glaciation ordovicienne, cohérente avec les données géologiques, a été effectuée!____¤201606

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Glacial onset predated Late Ordovician climate cooling» ont été publiés dans la revue Paleoceanography, propose, en utilisant un modèle numérique de climat prenant en compte les rétroactions entre l’atmosphère, l’océan et les glaces continentales, la première simulation, cohérente avec les données géologiques, de la mise en place de la glaciation ordovicienne (~ 445 Ma).

     

    Soulignons tout d'abord que «si de nombreux indices indirects suggèrent la présence de glaces sur les continents dès l’Ordovicien Moyen Darriwilien (~ 470 Ma)», le problème rencontré est qu'il était difficile d'expliquer, jusqu'ici, la croissance d’une calotte glaciaire alors que les températures océaniques tropicales, à cette époque, «semblaient dépasser les 30°C».

     

    Pour le solutionner, l'étude ici présentée a analysé «la réponse du système-Terre ordovicien à une décroissance de la concentration atmosphérique de CO2, (pCO2) représentative du refroidissement à long-terme récemment mis en évidence durant l’Ordovicien, et culminant au cours de l’Hirnantien *» à l'aide «d’une technique innovante de couplage entre des modèles de climat et un modèle de calotte de glace». Le protocole expérimental tient compte de «la rétroaction de la calotte sur le climat global» et «considère les variations de l’orbite terrestre ainsi que la configuration continentale bien particulière de l’Ordovicien, caractérisée par une quasi-absence de masses continentales dans l’Hémisphère Nord».

     

    Il est ainsi apparu «que, forcée par une chute de la pCO2, la croissance de la calotte glaciaire» a eu lieu en deux temps. En premier lieu, «une calotte glaciaire de grande extension» s’est étendue «  jusqu’aux moyennes latitudes, sous un climat relativement chaud (~ 20°C) associé à une pCO2 égale à 12 fois le niveau préindustriel» (12 PAL avec 1 PAL = 280 ppm).

     

    Ce front glaciaire s'est stabilisé alors «entre 12 PAL et 8 PAL, du fait d’un très fort gradient latitudinal d’ablation aux moyennes latitudes» et lorsque la pCO2 a été réduite à 3 PAL, une instabilité climatique a été  franchie, «induisant l’extension soudaine de la banquise aux moyennes latitudes, une chute des températures globales de 14°C et l’avancée des glaces continentales aux latitudes tropicales». Ce refroidissement climatique majeur découle d'une «dynamique océanique très particulière associée à la paléogéographie de l’Ordovicien, permettant l’avancée soudaine de la banquise du pôle jusqu’aux moyennes latitudes».

     

    En s'appuyant sur «la comparaison des simulations numériques avec d’abondantes données sédimentologiques, géochimiques et micropaléontologiques», l'étude «indique que la première étape de la croissance de la calotte aurait eu lieu dès l’Ordovicien moyen Darriwilien, en accord avec les variations du niveau marin documentées à cette époque». Ces calculs montrent ainsi «que la présence d’une calotte polaire et les températures océaniques tropicales de surface élevées ne sont pas mutuellement exclusives». Ils plaident surtout pour «une glaciation ordovicienne de longue durée, dont l’Hirnantien ne constituerait que le maximum glaciaire».

     

    Lien externe complémentaire (source Wikipedia)

    * Hirnantien

     

     


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