• Climatologie: la 'terminaison V', une transition glaciaire-interglaciaire remarquable qui remonte à près de 430 milliers d'années, a été éclairée d'un jour nouveau!____¤202005

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Exceptionally high biosphere productivity at the beginning of Marine Isotopic Stage 11» ont été publiés dans la revue Nature Communications, a permis, en s'appuyant sur l'analyse de la composition isotopique de l'oxygène piégé dans la glace en Antarctique, d'éclairer d'un jour nouveau la 'terminaison V',une transition glaciaire-interglaciaire remarquable qui remonte à près de 430 milliers d'années.

     

    Relevons tout d'abord qu'au «cours des 800 derniers milliers d'années, la Terre a connu plusieurs déglaciations associées à une hausse rapide en CO2 atmosphérique de l'ordre de 80 à 100 ppm (parties par million)». Ces hausses, qui sont, néanmoins, «plus modestes que l'augmentation actuelle d'origine anthropique de l'ordre de 120 ppm», peuvent «avoir eu de multiples causes qui restent difficiles à départager».

     

    Comme l'une de ces causes «est imputable à l'activité globale des êtres vivants qui, pour résumer, puisent dans le CO2 dans l'atmosphère (végétation, organismes à coquilles carbonatées dans l'océan, etc.)», il est «intéressant de reconstituer les variations de la productivité biologique à l'échelle des grands cycles climatiques pour évaluer son impact sur l'évolution de la teneur atmosphérique en CO2».

     

    Parmi ces neuf dernières déglaciations, «la 'terminaison V', qui remonte à près de 430 milliers d'années, est unique à plus d'un titre», car «elle est précédée de la période glaciaire la plus froide et suivie de l'interglaciaire le plus long (près de 30000 ans contre 10000 ans en moyenne) depuis 800000 ans». De plus, elle est «accompagnée d'une variation d'ampleur inédite de la teneur atmosphérique en CO2 qui persistera au cours des cycles suivants».

     

    Dans ce contexte, l'étude ici présentée, «pour estimer l'impact de la biosphère sur ces variations de grande amplitude en CO2 atmosphérique», a analysé «un traceur spécifique de la productivité de la biosphère passée: 'delta17O' qui combine trois isotopes de l'oxygène atmosphérique (16, 17 et 18)».

     

    Pour cela, «une ligne de mesure isotopique de l'oxygène 17 et 18 pour les bulles d'air piégées dans la glace de la carotte Antarctique Epica Dome C, sur la période compris entre - 445000 ans et - 405000 ans» a été développée.

     

    Ces mesures «révèlent un excédent de productivité biosphérique de 10 à 30% durant la terminaison V et le début de l'interglaciaire suivant par rapport à la période préindustrielle», ce niveau étant «le plus haut jamais observé durant les derniers 450000 ans». En outre, «ces données globales ont été comparées à des données locales, comme les pollens sur les continents ou le carbonate de calcium (CaCO3) dans l'océan» en vue de «cerner plus précisément l'origine de cet excédent».

     

    Au bout du compte, il semble que la productivité terrestre a «eu une contribution dominante, favorisée par un contexte astronomique propice», car «l'orbite de la Terre autour du Soleil étant alors faiblement elliptique, les étés allongés ont favorisé le développement de la végétation». D'autre part, «les sédiments marins ont enregistré une forte production carbonatée, principalement liée à l'augmentation de l'abondance de microalgues (coccolithophoridés) dans les océans des hautes et basses latitudes». Ainsi, «la forte productivité globale de la biosphère au début de l'interglaciaire aurait modéré la teneur en CO2 atmosphérique et aurait donc joué un rôle important sur le climat».

     

     


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