• Ecologie: la consommation de ressources alimentaires de plus de 500 espèces terrestres et aquatiques invalide l'hypothèse admise pour expliquer l’origine de la biodiversité!____¤202009

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Heterotrophic eukaryotes show a slow-fast continuum, not a gleaner–exploiter trade-off» ont été publiés dans la revue PNAS, a permis, en analysant la consommation de ressources alimentaires de plus de 500 espèces terrestres et aquatiques, d'invalider l'hypothèse généralement admise pour expliquer l’origine et le maintien de la biodiversité des espèces présentes dans notre environnement.

     

    Relevons tout d'abord que «faire des compromis fait partie des défis auxquels les organismes sont confrontés lorsqu’ils doivent s’approvisionner en nourriture pour trouver l’énergie nécessaire à leur croissance, leur défense et leur reproduction». Actuellement, «la communauté scientifique admet largement qu’un compromis entre la capacité de recherche, d’acquisition et de transformation des aliments, appelé «grappilleur—exploiteur» explique la biodiversité» (les grappilleurs trouvant et consommant plus efficacement des ressources lorsqu’elles sont rares; les exploiteurs consommant rapidement de grandes quantités de ces mêmes ressources lorsqu’elles abondent).

     

    Concrètement, «les sources d’approvisionnement étant limitées et les coûts énergétiques nécessaires à la vie et à la survie d’une espèce élevées, les scientifiques s’attendent à ce que les organismes vivants dans des environnements à faibles ressources alimentaires soient des grappilleurs qui peuvent rapidement rechercher des ressources sur de grands espaces», tandis que «les organismes vivants dans des environnements riches en nourriture sont des exploiteurs qui consomment abondamment et rapidement les ressources».

     

    Ces stratégies «conduisent à des succès différents selon les conditions environnementales rencontrées». Ainsi, «si la quantité de nourriture vient à changer avec le temps ou l’environnement, les espèces concurrentes de 'grappilleur' et d’ 'exploiteur' peuvent alors coexister, créant ainsi de la diversité».

     

    Comme «peu d’évidence expérimentale existe sur le compromis grappilleur-exploiteur», des données présentes dans la littérature scientifique «portant sur la consommation d’énergie de centaines d’espèces, des estimations provenant d’organismes allant des unicellulaires aux grands mammifères, évoluant en milieux terrestres comme aquatiques» ont été collectées. A partir de cette collection de données, «la rapidité d’acquisition et la consommation de nourriture de plus de 500 espèces» ont pu être analysées.

     

    Plus précisément, «pour chaque espèce, par exemple les araignées, les scientifiques ont mesuré à quelle vitesse elles étaient capable de capturer et de manger de la nourriture, qu’elle soit abondante ou rare». Des courbes universelles de vitesse de consommation en fonction de l’abondance de nourriture ont été établies pour permettre de décrire les performances des organismes.

     

    Alors qu'«une corrélation négative était escomptée par le compromis grappilleur—exploiteur», une relation positive est apparue, qui est «une indication claire que le compromis de type grappilleur-exploiteur n’existe pas». Cette étude montre en outre «que les espèces performantes dans un environnement où les ressources énergétiques sont rares sont également les plus performantes dans un milieu riche».

     

    Comme «sans compromis, il est très compliqué de maintenir la biodiversité», cette étude suppose l'existence d'un autre compromis «plutôt au niveau comportemental»: par exemple, un organisme serait «plus à même de se procurer de la nourriture, que celle-ci soit rare ou abondante, parce qu’il prend plus de risques».

     

     


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