• Génétique: les différences d'expression génétique entre les sexes ont pu être mises en évidence!____¤202009

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «The impact of sex on gene expression across human tissues» sont publiés dans la revue Science, a permis de mettre en évidence les différences d'expression génétique entre les sexes, ce qui pourrait par exemple expliquer pourquoi les hommes et les femmes réagissent différemment aux médicaments ou sont plus ou moins sensibles à certaines maladies.

     

    L'étude en question «fait partie d'un ensemble de 15 articles publiés par le consortium GTEx (Genotype-Tissue Expression), aboutissement de dix années d'efforts» visant «à créer une ressource publique complète pour étudier l'expression et la régulation des gènes dans chaque tissu». Concrètement, «les différences entre les sexes, communément attribuées aux hormones et aux chromosomes sexuels», seraient en réalité dues en grande partie au transcriptome, puisque, d'après cette étude, «37 % des gènes humains ont une expression différenciée selon que l'on est un homme ou une femme».

     

    Ainsi, «dans les 44 types de tissus analysés, 1,3 à 12,9 % des gènes sont activés différemment». Alors que «ces derniers sont majoritairement situés sur le chromosome X, ils ne représentent que 4 % des gènes s'exprimant différemment, le reste étant réparti sur les chromosomes ordinaires». On observe la majorité des effets découverts «dans le tissu mammaire, suivi par le muscle, la peau et le tissu adipeux».

     

    58 liens «inédits entre l'expression génétique et des caractéristiques des individus, comme la pression sanguine, le taux de cholestérol ou le risque de cancer du sein» ont été découverts. En particulier, «le gène CYP450, qui influe sur l'assimilation des médicaments humains dans le foie» s'exprime «de manière différenciée selon le sexe dans de nombreux tissus», ce qui «pourrait expliquer pourquoi certains médicaments sont plus efficaces chez l'homme que la femme (ou vice versa)».

     

    D'autre part, chez les femmes, la régulation génétique du CCDC88 est fortement associée «à la progression du cancer du sein, et l'activité du gène HKDC1 est corrélée au poids de naissance (en modifiant le métabolisme du glucose dans le foie de la femme enceinte)» tandis que, chez les hommes, «la régulation génétique du DPYSL4 est associée au pourcentage de graisse corporelle et celle du CLDN7 au poids de naissance». De plus, l'étude a «identifié un lien entre l'expression du gène C9orf66 et la calvitie masculine».

     

    Selon l'étude, bien que les «37 % de variations peuvent sembler importantes», leurs effets «sont relativement limités», car ces différences «sont notamment masquées par les variations inter-individuelles, bien plus significatives» (l'étude a d'ailleurs tenté «de prédire le sexe d'une personne en partant de son transcriptome» sans parvenir à un résultat probant).

     

    Un autre limite de l'étude est que «les échantillons sont majoritairement issus d'hommes (67,1 %) et de type caucasien (85 %)», les sujets étant «majoritairement âgés de plus de 50 ans, ce qui signifie que l'expression de leur génome a pu être influencée par des facteurs environnementaux». Il en résulte que cette étude constitue «un aperçu instantané pas forcément représentatif des différences tout au long de la vie».

     

     


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