• Génétique: une mutation chez nos lointains ancêtres Homo erectus aurait été le déclic qui a permis aux Homo sapiens de maîtriser l’abstraction et les notions complexes!____¤201702

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «A single splice site mutation in human-specific ARHGAP11B causes basal progenitor amplification» ont été publiés dans la revue Science Advances, met en lumière comment une mutation chez nos lointains ancêtres Homo erectus, qui parcouraient la planète il y a 500000 ans avec des cerveaux environ deux fois plus petits que ceux Homo sapiens, a été le déclic permettant de «maîtriser l’abstraction et les notions complexes».

     

    La mutation en question «est la plus simple qu’on puisse imaginer en génétique» puisqu'elle «concerne les lettres A, C, T, G qui forment la double hélice d’ADN, et qu’on appelle bases azotées». Plus précisément, un C, qui «a été remplacé par erreur (les cellules font parfois des erreurs de réplication de l’ADN) par un G», a produit un effet inattendu: le gène qui se trouvait à cet endroit a alors contenu «un trio de lettres GTA (et non plus CTA)», interprété par les cellules du corps «comme un signal de coupure». De ce fait, le gène est coupé par des enzymes et «raccourci par un procédé nommé épissage» qui l'ampute «de 55 bases azotées».

     

    Alors que le gène à l’œuvre chez nos ancêtres «régulait la croissances de filaments d’actine dans les neurones, les protéines qui forment le squelette interne des cellules», la version raccourcie que nous possédons aujourd’hui dans notre génome, ARHGAP11B, «ne remplit plus cette fonction, mais stimule la division des neurones à partir de cellules mères, dites progénitrices, dans certaines zones cruciales du cerveau, les ventricules».

     

    Concrètement, ce gène muté fait que les cellules progénitrices «se divisent à un rythme accru, donnant naissance à de jeunes neurones qui migrent ensuite des ventricules vers la périphérie du cerveau, participant à la croissance du cortex», qui, à force de s’étendre, «est obligé de se plisser pour 'tenir' de façon compacte à l’intérieur de la boîte crânienne, donnant cet aspect replié caractéristique du cerveau humain».

     

    Le transfert de la version mutée du gène à des souris prouve que leur cerveau produit «des neurones à un rythme accrû, bien supérieur au taux habituel». Il est donc probable que ce changement, ponctuel sur un seul maillon de l’ADN, a suffi «pour transformer un cerveau d’erectus en cerveau d’Homo sapiens».

     

     


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