• Géochimie: des changements dans la composition chimique des océans auraient avantagé les animaux qui se sont engagés sur la voie conduisant aux vertébrés!____¤201704

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «First macrobiota biomineralization was environmentally triggered» ont été publiés dans la revue Proceedings of the Royal Society B, laisse penser que des changements dans la composition chimique des océans auraient avantagé les animaux qui ont commencé à s'engager sur la voie conduisant aux vertébrés.

     

    Afin de tenter de comprendre comment sont apparues les premières formes de vie avec des coquilles et des squelettes calcaires, les chercheurs consultent les archives géologiques «telles les strates datant de l'Ediacara, il y a environ 550 millions d'années», car «c'est autour de cette date que seraient apparues les premières formes de vie avec des parties dures en calcaire».

     

    Des strates de l'Ediacara, situées en Sibérie «sur les berges de la rivière Youdoma», sont particulièrement intéressantes parce qu'elles «contiennent la mémoire de certains changements dans la composition chimique des océans de cette période ainsi que des fossiles des animaux qui y vivaient».

     

    Il est ainsi apparu «qu'il y a environ 550 millions d'années, les strates qui contenaient en majorité un carbonate riche en magnésium, la dolomite, deviennent soudain des calcaires, donc des carbonates nettement moins riches en magnésium, contenant de l'aragonite et de la calcite». Comme «ces deux minéraux se forment plus rapidement et avec moins d'énergie que la dolomite», il est clair que les conditions physico-chimiques des océans «ont changé à ce moment-là», favorisant la précipitation de ces minéraux.

     

    Ce phénomène semble d'ailleurs «concomitant d'une augmentation du taux d'oxygène dans les océans ainsi que d'une augmentation de l'érosion des continents qui auraient brutalement fait croître la quantité de calcium présent dans l'eau». De ce fait, ces observations incitent à penser que «ces conditions favorisant la production de calcaire par rapport à la dolomite ont aussi avantagé l'utilisation du calcium pour faire des parties dures en calcaire chez les animaux dotés du génome capable de permettre la construction de coquilles et des squelettes».

     

    L'étude ici présentée «vient d'apporter des éléments supplémentaires appuyant cette thèse». En effet, alors que, jusqu'ici, il était constaté «que les organismes avec des parties dures succédaient aux organismes avec des parties molles pendant l'Ediacara et peu avant la fameuse explosion cambrienne» (ce qui suggérait «une extinction notable de ces organismes qui auraient notamment laissé le champ libre à ceux avec coquilles»), cette étude montre «que ces organismes ont coexisté pendant un temps et aussi que plusieurs animaux à partie molle ressemblant à d'autres avec des parties dures peuvent être trouvés».

     

    Surtout, les animaux avec parties dures ont été localisés «exclusivement dans des sédiments qui se sont formés dans les eaux les plus riches en calcium, lesquels sont donc devenus du calcaire et non de la dolomite». En conséquence, l'étude en déduit que ce sont bien les changements dans la composition chimique des océans qui ont «avantagé les animaux qui ont commencé à s'engager sur la voie conduisant par la suite aux vertébrés».

     

     


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