• Géologie: l’effet de la foudre, comme agent d'érosion des sommets rocheux, est loin d'être négligeable!____¤201310

     

    Une étude, dont les résultats ont été publiés dans la revue Geomorphology, a quantifié l’effet de la foudre comme agent d'érosion des sommets rocheux: ainsi, chaque fois qu’elle tombe sur un substrat dur en altitude, elle peut briser entre 3 et 10 mètres cubes de roches par impact.

     

    Le gel, qui participe à l’érosion est souvent désigné comme étant le responsable de la formation des cailloux aux arêtes anguleuses découverts sur les plus hauts sommets rocheux de la planète. En fait, il faut moduler ce jugement, car la foudre est également en capacité de briser les roches.



    Lorsqu'elle s’abat, la température «peut atteindre 8.000 à 30.000 °C au point d’impact»: cette chaleur constitue une énergie, qui est «en grande partie absorbée si l’éclair touche un sol meuble ou un arbre», mais qui peut produire «une puissante explosion» lorsqu'elle tombe sur une roche qui se brise «en une myriade de cailloux aux arêtes anguleuses».

     

    Pour estimer le volume touché, les points d’impact ont été recherchés «sur de hauts sommets de la chaîne de montagnes du Drakensberg, en Afrique du Sud». Comme il est difficile de dire si une roche a été brisée par le gel ou par la foudre, le magnétisme des minéraux a été mis à contribution pour parvenir à cette identification.

     

    Il faut savoir que lorsque les montagnes du Drakensberg se sont formées, il y a 180 millions d’années, ses minéraux étaient orientés vers le Nord magnétique, qui «a depuis changé de position, ce qui signifie que les minéraux magnétosensibles ont perdu leur alignement» avec celui-ci. Or, quand la foudre s’abat sur un sol rocheux, elle «provoque une réorientation des minéraux magnétosensibles en direction du Nord magnétique dans le voisinage du point d’impact», ce qui perturbe le comportement des boussoles à proximité des sites concernés.

     

    La cartographie des points d’impact de la foudre a pu être ainsi établie à la boussole. Elle a permis de «mesurer le volume de pierres brisées par les 'explosions électriques'» et conduit à une estimation comprise entre 3 et 10 m3 par impact. Ces chiffres «démontrent que des changements géomorphologiques peuvent survenir bien plus rapidement qu’on ne le pense au sommet de certaines montagnes», puisqu'en été, «les chaînes montagneuses sont quasi quotidiennement frappées par des orages» et qu'à «chacune de ces occasions, elles peuvent alors être touchées par plusieurs dizaines d’éclairs par km2».

     

     


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