• Géophysique: de puissantes éruptions volcaniques pourraient avoir contribué à l'affaiblissement de la dernière dynastie de l'Egypte ancienne, celle des Ptolémée!____¤201710

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Volcanic suppression of Nile summer flooding triggers revolt and constrains interstate conflict in ancient Egypt» ont été publiés dans la revue Nature communication, laisse penser, en analysant l'histoire détaillée des 300 dernières années de l’Égypte ancienne (305-30 avant notre ère), que de puissantes éruptions volcaniques pourraient avoir contribué à l'affaiblissement de la dernière dynastie, celle des Ptolémée, dont l'ultime souveraine fut la célèbre Cléopâtre.

     

    Cette conclusion découle de simulations informatiques, qui ont été réalisées «en combinant données climatiques et événements historiques comme les grands soulèvements populaires». Les données climatiques proviennent de l'analyse des carottes de glace du Groenland et de l'Antarctique contenant les aérosols (le soufre en particulier) piégés lors des anciennes éruptions et des relevés du Nilomètre, «instrument d'observation qui servait à surveiller annuellement le niveau des crues du Nil».

     

    Il est alors apparu «que des fréquentes éruptions volcaniques massives enregistrées en une décennie à travers le globe ont entraîné un arrêt des moussons» en raison des «grandes quantités de particules injectées dans la haute atmosphère (10-20 km d'altitude).

     

    Plus précisément, lors d'éruptions explosives, les cendres et le soufre s'oxydent en haute altitude, et «forment de petites particules, des aérosols sulfatés, qui réfléchissent le rayonnement solaire, ce qui conduit à un refroidissement des températures» et réduit la quantité d'eau qui s'évapore des océans. La diminution des précipitations qui en découle s'est répercutée sur «les inondations d'été du Nil, les 6825 km du grand fleuve étant principalement alimentées par les pluies du plateau équatorial de l'Afrique de l'Est et des hauts plateaux éthiopiens».

     

    Par exemple, «une puissante éruption volcanique survenue en 44 av.J.C aurait induit des modifications climatiques et, de fait, entraîné un changement de débit du cours du Nil aux conséquences catastrophiques»: ainsi, il n'y aurait pas eu «de récolte dès l'année 43 av. J.C, et donc pas de quoi nourrir la population de l’Égypte, ni remplir les greniers des temples, encore moins prélever les impôts». Conjugué à la pression des Romains, cela aurait pu «contribuer à mettre fin à 3000 ans d'histoire».

     

    L'étude constate également que «ces mêmes mécanismes synchronisant une éruption massive et des évènements politiques majeurs» auraient eu lieu dès 247 avant notre ère, mais elle souligne tout de même que «ces éruptions volcaniques n'ont pas directement provoqué les bouleversements sociaux eux-mêmes, mais ont alimenté et exacerbé des tensions déjà existantes».

     

     


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