• Géophysique: des forages profonds faits dans la fosse des Mariannes font penser que des bactéries peuvent exister jusqu'à 10 kilomètres de profondeur dans la croûte océanique!____¤201704

    Une étude, dont les résultats intitulés «Subduction zone forearc serpentinites as incubators for deep microbial life» ont été publiés dans la revue PNAS, laisse penser, en s'appuyant sur des échantillons prélevés par forage profond dans la croûte océanique d'un volcan de boue au sein de la célèbre fosse des Mariannes, que des bactéries peuvent exister jusqu'à 10 kilomètres de profondeur dans la croûte océanique.

     

    Notons tout d'abord qu'il y a des raisons de penser «que c'est au fond des océans, dans les parois des cheminées hydrothermales, que la matière inanimée s'est suffisamment complexifiée pour faire un bond dans le domaine de la matière vivante». Cependant alors que «certains supposent que cela n'a été possible qu'il y a seulement 3,8 milliards d'années car auparavant, le bombardement météoritique en surface ne devait pas être propice à la conservation des fragiles édifices moléculaires que la vie a pu ébaucher», l'étude ici présentée nous indique qu'il «ne serait pas nécessaire d'être si pessimiste».

     

    Plus précisément, comme cette étude révèle que la vie peut exister en profondeur, sous la surface de la croûte océanique, «elle aurait très bien pu prospérer et évoluer, malgré tout, pendant une période s'étendant de l'Hadéen à l'Archéen, à l'abri des impacts de comètes et d'astéroïdes et ce, jusqu'à ce que ce feu du ciel devienne plus clément».

     

    Cette conclusion s'appuie sur l'analyse «de 46 échantillons prélevés par forage profond dans la croûte océanique d'un volcan de boue au sein de la célèbre fosse des Mariannes, le South Chamorro». Ces échantillons contiennent de la serpentinite «ramenée en surface par l'activité volcanique de cette zone de subduction» (Les serpentinites proviennent «des péridotites du manteau qui se transforment en ces roches vert sombre sous l'action de la chaleur et de l'eau de mer circulant dans des failles au niveau des fonds marins, sous la croûte océanique et dans les zones de subduction»).

     

    Le processus associé dit de 'serpentinisation' génère «de l'hydrogène et du méthane qui permet à des microbes de prospérer dans les évents hydrothermaux». Cette serpentinite, qui «constitue une sorte de forage naturel apportant des échantillons des profondeurs de la croûte», peut nous renseigner «sur ce qui s'y passe à plusieurs kilomètres de profondeur». Ainsi, cette étude a détecté «des acides aminés, des lipides et des hydrocarbures qui pourraient bien être le résultat de l'activité de bactéries» dans cette serpentinite.

     

    En outre, «l'absence de carbonates associés aux échantillons de serpentinite laisse penser qu'ils n'ont pas été contaminés par des formes de vie locales vivant à la surface du volcan de boue», mais «il n'est pas exclu que ces molécules organiques ne soient pas simplement le produit d'une chimie abiotique».

     

    Surtout, «en se basant sur les limites connues de températures et de pressions autorisant l'existence de formes de vie extrêmophiles (une température de 122 °C et une pression équivalente à 3.000 atmosphères)», il peut être vraisemblable que des bactéries puissent «exister jusqu'à 10 kilomètres de profondeur dans la croûte océanique». Cette conclusion encourage donc les spéculations sur l'apparition de formes de vie dans les océans d'Europe et d'Encelade.

     

     


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