• Géophysique: deux ans de mesures en Alaska ont permis de comprendre pourquoi l'océan Arctique et sa faune sont si contaminés par le mercure!____¤201707

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Tundra uptake of atmospheric elemental mercury drives Arctic mercury pollution» sont publiés dans la revue Nature, a permis, grâce à deux ans de mesures en Alaska, de comprendre pourquoi l'océan Arctique et sa faune sont si contaminés par le mercure, alors qu'ils sont éloignés des principales sources de pollution.

     

    Soulignons tout d'abord que, chaque année, «nos centrales à charbon, activités minières et autres industries émettent des milliers de tonnes de mercure dans l'atmosphère». Le mercure s'accumule dans les réseaux trophiques du milieu aquatique et «des teneurs particulièrement élevées se retrouvent chez les grands prédateurs (morses, bélugas, certains poissons)». De ce fait, «leur consommation par les humains peut induire une neurotoxicité chez l'enfant et des maladies cardio-vasculaires chez l'adulte».

     

    Ces problèmes existent tout particulièrement dans les milieux arctiques, «où la contamination de la faune par le mercure est parmi les plus élevées au monde, alors que cette région ne contient que très peu de sources de pollution». Pour expliquer ce paradoxe, on a «longtemps suspecté la voie atmosphérique»: le mercure serait «transporté depuis les moyennes latitudes vers les milieux polaires, où les précipitations sous forme neigeuse contamineraient l'océan Arctique». Cependant, cette hypothèse a été «progressivement remise en cause par la découverte que les fleuves apportent plus de mercure à l'océan Arctique que l'atmosphère».



    Pour comprendre ce qui se passe réellement, l'étude ici présentée a mesuré, en Alaska, «les échanges de mercure entre l'atmosphère et la toundra, cette dernière étant caractérisée par un sol gelé en permanence en profondeur (pergélisol) et une végétation constituée de lichens, mousses, herbacées et arbustes». Il a été ainsi constaté «que la végétation et les sols de la toundra séquestrent tout au long de l'année le mercure présent à l'état gazeux dans l'atmosphère, une tendance qui s'accélère lorsque la végétation est active en été».

     

    De la sorte, la toundra piège «une importante quantité de mercure (entre le tiers et la moitié de l'ensemble du mercure présent dans les sols terrestres)» et «au printemps, lors du dégel du sol en surface, ce réservoir alimente les fleuves de la région, et par conséquent l'océan Arctique», ce qui fait qu'ensuite le mercure intègre la chaîne alimentaire «jusque dans nos assiettes».



    En fin de compte, avec le réchauffement du climat «près de deux fois plus rapide en Arctique que dans le reste du monde», la fonte plus forte du pergélisol «risque de mobiliser des quantités plus importantes de mercure, contaminant encore davantage la faune arctique», alors «que certains pays riverains souhaitent y exploiter de nouvelles zones de pêche».

     

     


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