• Géophysique: la séparation de l’Europe et de la Grande-Bretagne, il y a moins de 450000 ans, résulte du déversement catastrophique d’un lac proglaciaire!____¤201704

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Two-stage opening of the Dover Strait and the origin of island Britain» ont été publiés dans la revue Nature Communications, a permis de montrer que la séparation de l’Europe et de la Grande-Bretagne, il y a moins de 450000 ans, résulte du déversement catastrophique d’un lac proglaciaire dont les eaux viennent des fleuves de l’Europe du Nord Ouest et de la fonte de la calotte glaciaire.

     

    Rappelons tout d'abord que «jusqu’au stade isotopique MIS12 (+/- 450 ka) au cours de la glaciation de l’Elsterien-Anglien, l’Europe et la Grande-Bretagne étaient connectées, y compris lors des hauts niveaux marins du Pléistocène»: en effet, «un isthme localisé sur le haut structural du Weald-Artois reliait les deux entités et séparait la mer du Nord de la Manche». S'il est communément accepté que la connexion entre les deux mers va se faire à cette époque, «les modalités de la rupture de cet isthme sont débattues».

     

    C'est en 2015 que la question des modalités de l’ouverture du détroit a été mise à l'ordre du jour, lorsqu'une étude a identifié «de gigantesques vallées sur les fonds de la Manche» qui ont été interprétées «comme le résultat de méga-inondations qui incisèrent le substratum rocheux». Notons cependant que, dans les années 1960-1970, les premiers travaux sur cette zone avaient mis en évidence «des dépressions appelées les fosses Dangeard».

     

    La nouvelle étude, entreprise pour résoudre ce problème, a fait apparaître qu'une barre de craie «a agit comme un gigantesque barrage derrière lequel se trouvait un lac proglaciaire» et montre «comment le lac s’est déversé sous la forme de chutes d’eau géantes, érodant l’escarpement rocheux, le fragilisant et, éventuellement, conduisant à sa chute et le largage de quantités énormes d’eau sur le fond des vallées situées en dessous».



    Ainsi, «les dépressions énormes analysées sur les fonds de la mer correspondraient à des marmites de géants, creusées par l’eau qui descendait en cascade de l’escarpement, se fracassant sur le sol et érodant les roches». Plus précisément, sept dépressions géantes, «creusées dans de la roche», «ont été observées, à peu près alignées entre les ports de Calais et de Douvres».

     

    Comme elles font jusqu'à plusieurs kilomètres de diamètre et ont un ordre de 100 mètres de profondeur, elles «seraient la preuve du déversement des eaux du lac dans le sud de la mer du Nord». L'alignement de ces dépressions profondes «suggère qu’elles sont le résultat de cascades provenant d’un unique escarpement rocheux qui a peut être atteint 32 kilomètres de long et 100 mètres de haut : la connexion continentale entre l’Europe et la Grande Bretagne».

     

    Ensuite («peut-être des centaines ou des milliers d’années plus tard»), «un nouveau système de vallées, le chenal du Lobourg, a été sculpté par des méga-inondations au travers du détroit». Ce système «est en connexion avec le gigantesque réseau que l’on observe dans la zone centrale de la Manche» et «le déversement de plus petits lacs au front des calottes glaciaires de la mer du Nord a pu être responsable des derniers épisodes d’érosion».



    Néanmoins, «il subsiste des questions non résolues», car «le cadre chronologique n’est déterminé qu’indirectement par des comparaisons de faunes entre les deux bassins marins (Manche et mer du Nord) et les dépôts de la mer Celtique par exemple»: en effet, «les seuls prélèvements effectués n’ont pénétré les sédiments des fosses que sur quelques dizaines de centimètres». Il va donc falloir «réaliser des forages profonds afin de recueillir les sédiments piégés dans les fosses» et les dater.

     

     

     


    Tags Tags : , , , , , , , , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :