• Géophysique: le fait que les méga-séismes se produisent avant tout sur les failles de subduction les plus planes va aider à la prévention du risque sismique et du risque de tsunami!____¤201612

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Mega-earthquakes rupture flat megathrusts» ont été publiés dans la revue Science, a permis de montrer que les méga-séismes se produisent avant tout sur les failles de subduction les plus planes. Cet indicateur va rendre plus pertinentes la surveillance et la prévention du risque sismique et du risque de tsunami.

     

    Notons tout d'abord que «les méga-séismes (de magnitude supérieure à 8,5) se produisent très majoritairement sur les failles de subduction, là où une plaque tectonique passe sous une autre plaque». En effet, comme les roches glissent «difficilement les unes par rapport aux autres, le mouvement des plaques tectoniques peut être bloqué le long de cette zone d'interaction, pendant des périodes pouvant dépasser le millier d'années» de sorte que «ce déficit de glissement s'accumule sous forme d'énergie qui est relâchée brutalement au cours de séismes».



    Dans ce contexte, «une théorie, qui fut longtemps dominante, suggérait que les méga-séismes se produisent essentiellement dans les zones de subduction où les plaques convergent rapidement et dans celles où la plaque plongeante est relativement jeune».

     

    Cependant, «les méga-séismes de Sumatra-Andaman en 2004 et de Tohoku-Oki en 2011, générateurs de tsunamis meurtriers, ont mis à mal cette théorie», car, dans le premier cas, «la vitesse des plaques en jeu est relativement faible (3 à 4 cm par an)», et, dans le second, «la plaque Pacifique plongeant sous le Japon est âgée de plus de 120 millions d'années». De ce fait, on a été amené à se demander si toutes les zones de subduction pouvaient générer des méga-séismes.



    Pour sa part, l'étude ici présentée s'est intéressée à «la géométrie des zones de subduction». Plus précisément la confrontation du «degré de courbure des plaques plongeantes aux grands séismes historiques connus» a fait apparaître «que la magnitude maximale des séismes enregistrés dans chaque zone de subduction est inversement proportionnelle au degré de courbure»: c'est-à-dire que «plus le contact entre les deux plaques est plan, plus les méga-séismes sont probables».



    L'explication découle du fait que, les séismes se produisant «lorsque l'énergie accumulée en raison du déficit de glissement dépasse un certain seuil», plus le degré de courbure est important «plus ce seuil est variable le long de la zone» et, alors, l'hétérogénéité de ce seuil «produit des séismes plus fréquents mais de plus faible étendue spatiale, et donc de plus faible magnitude», tandis qu'un seuil de rupture homogène le long d'une grande portion de faille a plus de chance de résulter en une rupture simultanée de toute la zone bloquée, et de générer un méga-séisme».



    Il en résulte que «les zones de subduction telles que celles des Philippines, des Salomon, ou de Vanuatu ne semblent pas propices à la génération de méga-séismes», alors que d'autres «telles que celles du Pérou, de Java ou du Mexique, qui n'ont pas connu de très grands séismes au cours des 200 à 300 dernières années, semblent en revanche réunir des conditions favorables pour qu'un méga-séisme se produise dans le futur».

     

     


    Tags Tags : , , , , , , , , , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :