• Géophysique: les cyclones déforment significativement la croûte terrestre, en conduisant à une dilatation et à une contraction de celle-ci, toutes les deux quantifiables!____¤201711

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Typhoon-Induced Ground Deformation» ont été publiés dans la revue Geophysical Research Letters, révèle que les cyclones déformeraient significativement la croûte terrestre, car les dépressions atmosphériques et les pluies torrentielles qui les accompagnent conduisent respectivement à une dilatation et à une contraction de celle-ci, toutes les deux quantifiables.

     

    Rappelons tout d'abord que «les cyclones tropicaux, aussi appelés ouragans ou typhons, sont des phénomènes météorologiques extrêmes caractérisés par de fortes dépressions atmosphériques, des vents violents et des pluies torrentielles». Les «glissements de terrain, coulées de boueinondations et ondes de tempêtes» qu'ils déclenchent sont responsables de dommages importants comme «Harvey, Irma et Maria, évènements majeurs de la saison cyclonique 2017», l'ont encore démontré récemment.


    En fait, comme l'étude ici présentée l'explique, «l’impact des cyclones ne se restreint pas à la surface de la Terre», puisque «les dépressions atmosphériques et l’accumulation de grandes quantités d’eau de pluie» sont «des charges capables de déformer la croûte terrestre». Cette conclusion a été déduite de l'analyse des déformations en question à partir de 10 années de données d’extensomètres installés à Taiwan, «un laboratoire naturel idéal pour ce travail car situé dans le bassin de formation de cyclones le plus actif de la planète».

     

    Plus précisément, «les effets d’environ 30 cyclones tropicaux ont été enregistrés par ces extensomètres enfouis à 200 m de profondeur et capables de mesurer des déformations extrêmement ténues, de l’ordre du nanostrain, c’est-à-dire une déformation relative de 1 mm pour 1 000 km de roche».

     

    En s'appuyant «conjointement sur ces mesures de déformation et sur leur modélisation numérique, contrainte par les variations de pression atmosphérique et les quantités de pluie mesurées localement, à proximité de chaque extensomètre», il est apparu que «la signature en déformation des cyclones» se décompose en deux phases: «la première est une dilatation de la croûte terrestre, jusqu’à 150 nanostrains, synchrone de la dépression atmosphérique qui accompagne chaque cyclone», tandis que «la seconde est une contraction, jusqu’à 800 nanostrains, due à la charge de l’eau de pluie à la surface du sol».

     

    Notons ici que «selon la topographie avoisinante, les volumes de pluie tombés sur de grandes surfaces peuvent être drainés et concentrés vers des régions plus petites, très souvent les fonds de vallées, qui vont alors subir des déformations de plus en plus fortes». Comme, d'autre part, «la dynamique temporelle de cette contraction reflète le temps nécessaire à l’eau de pluie pour ruisseler vers ces vallées», cela nous renseigne «sur la vitesse de ce ruissellement et la surface moyenne des bassins versants drainés».

    Ces résultats, «dans un contexte de changement climatique qui voit s’accroitre l’intensité des cyclones tropicaux», illustrent «les profondes interactions qui lient les enveloppes fluides et la Terre solide et posent la question de l’influence potentielle des évènements météorologiques extrêmes sur l’activité sismique des régions tropicales» qui sont «à la fois tectoniquement actives et soumises à ces phénomènes météorologiques extrêmes (e.g. Taiwan, Japon, Antilles)».

     

     


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