• Géophysique: les dépôts de barytine datés de 3,5 à 3,2 milliards d'années auraient été produits par diverses réactions photochimiques dans les panaches volcaniques!____¤201606

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Multiple sulfur-isotope signatures in Archean sulfates and their implications for the chemistry and dynamics of the early atmosphere» ont été publiés dans la revue PNAS, a permis de montrer que les importants dépôts de barytine (sulfate de baryum) datés de 3,5 à 3,2 milliards d'années ont été produits par diverses réactions photochimiques dans les panaches volcaniques.

     

    Notons tout d'abord que «la concentration ainsi que la composition isotopique du sulfate des océans a évolué au cours du temps en fonction des changements de sources (altération oxydative des pyrites, magmatisme/hydrothermalisme et réactions photochimiques dans l'atmosphère) et/ou de puits (réduction microbienne/hydrothermale du sulfate, précipitation d'évaporite) de sulfate à l'océan».

     

    Dans ce cadre, alors que «le budget du sulfate sur Terre est raisonnablement bien contraint à partir de ~2,3 Ga, période à partir de laquelle l'oxygène est devenu un composant majeur de l'atmosphère», nos connaissances sont toujours «très limitées à l'Archéen où l'altération des sulfures sur les continents devait être négligeable compte tenu du faible taux d'oxygène présent dans l'atmosphère à cette période». De ce fait, la présence d'importants dépôts de barytine «bien avant la grande oxygénation de l'atmosphère» peut toujours être considérée comme une énigme, même si on considérait, jusqu'ici, «ces dépôts de sulfates comme des témoins d'une activité microbienne».

     

    En vue d'en apprendre plus sur l'apparition de sulfate dans l'océan il y a entre 3,5 et 3,2 milliards d’années, l'étude ici présentée a analysé «l'isotopie du soufre dans les deux principaux dépôts de sulfate archéens des formations Mapepe en Afrique du Sud et Dresser en Australie, âgés respectivement de 3,24 et 3,49 milliards d’années». Pour cela, «les formations, particulièrement bien préservées, ont été échantillonnées à partir des carottes de forage BBDP et PDP2 qui ont été prélevées entre 2004 et 2008 lors de deux campagnes de forage financées par le CNRS-INSU et l'IPGP».

     

    Les «analyses in situ des quatre isotopes du soufre à la sonde ionique du CRPG (Nancy, service national INSU)» ont ainsi mis en évidence «une plus grande variabilité des compositions isotopiques préservées dans les grains de barytine permettant alors de déconvoluer les différentes signatures atmosphériques et océaniques». Il est alors apparu que ces données confirment «l'existence d'une réaction photochimique spécifique à l'atmosphère réduite de l'Archéen». De plus, d'autres sources photochimiques caractéristiques de la stratosphère moderne ont également été identifiées, qui semblent avoir persisté tout au long de l'histoire de la Terre.

     

     


    Tags Tags : , , , , , , , , , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :