• Géophysique: les mécanismes de la rupture sismique du 12 Janvier 2010 en Haïti ont été mieux compris et l’aléa sismique dans la ville de Port-au-Prince a été mieux contraint!____¤201602

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Seismotectonics of southern Haiti: A new faulting model for the 12 January 2010 M7.0 earthquake» ont été publiés dans la revue Geophysical Reasearch Letters, a permis d'apporter des éléments nouveaux permettant à la fois de mieux comprendre les mécanismes de la rupture sismique du séisme destructeur du 12 Janvier 2010 en Haïti et de mieux contraindre l’aléa sismique dans la ville de Port-au-Prince et son agglomération.

     

    Rappelons tout d'abord que le séisme de magnitude Mw 7.0, qui a dévasté la ville de Port-au-Prince, le 12 janvier 2010, en tuant plus de 230000 personnes, n’a laissé, malgré sa magnitude, «aucune trace de rupture en surface rendant difficile son interprétation sismotectonique». Jusqu'ici, le consensus, qui prévalait, était que ce séisme «n'a pas rompu la grande faille décrochante Enriquillo-Plantain-Garden (EPGF), mais une (des) faille(s) aveugle(s) au nord de celle-ci».

     

    Comme les structures actives de la zone épicentrale était, jusqu'à présent, peu documentées, l'étude ici présentée a cherché «à les identifier et à les caractériser grâce à l'utilisation d'images aériennes, de données topographique à haute résolution, d’observations bathymétriques et géologique».

     

    C'est ainsi qu'un «ensemble de chevauchements actifs d’orientation Nord-Ouest-Sud-Est à pendage vers le sud» a pu être documenté «dans la baie de Port-au Prince et dans la plaine du Cul de Sac où se situe la ville de Port au Prince». En particulier, «l'un d’entre eux, le chevauchement de Lamentin traverse la ville densément peuplée de Carrefour puis se prolonge en mer vers l’Ouest, dans la baie, où il contrôle la morphologie du récif frangeant» tandis qu'à «l’est, le chevauchement du Lamentin se connecte à la grande faille décrochante sénestre d’Enriquillo-Plantain Garden».



    Comme, «les nombreux séismes enregistrés après le choc principal du 12 Janvier soulignent clairement ces deux structures et montrent qu’elles se connectent en profondeur», l'étude suggère «que ces deux failles aient rompu le 12 Janvier 2012», ce qui «explique parfaitement les déformations de surface enregistrées par les données de géodésie (GPS et interférométrie) et les coraux de type microatolls».

     

    En fait, la modélisation des données de géodésie laisse penser «que la rupture s’est probablement initiée le long du chevauchement du Lamentin et s'est propagée ensuite le long de la faille d’Enriquillo-Plantain-Garden», de sorte que «le pic de glissement le long du chevauchement du Lamentin aurait eu lieu en profondeur près de l’endroit où il se connecte avec la faille de Enriquillo-Plantain-Garden, avec pour effet une chute drastique la contrainte normale le long de cette dernière favorisant la rupture par un effet de desserrage».

     

    Ce modèle impose «qu’une partie des contraintes accumulées au cours des dernières décennies le long de la faille d’Enriquillo-Plantain Garden ont bien été relâchées pendant le séisme mais, qu’en contrepartie, elles ont été augmentées aux deux extrémités de la zone de rupture et notamment à Port au Prince». En tout cas la mise en lumière «de chevauchements actifs dans la ville de Port-au-Prince et son agglomération» implique «un aléa sismique important», dont «il faudra tenir compte dans les futurs plans d’aménagement du territoire».

     

     


    Tags Tags : , , , , , , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :