• Géophysique: une nouvelle technique d’analyse semble permettre d’évaluer le volume des réservoirs de magma volcaniques et de prédire la dangerosité des éruptions à venir!____¤202011

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Determining the current size and state of subvolcanic magma reservoirs» ont été publiés dans la revue Nature Communications, a permis, grâce à la mise au point d'une nouvelle technique d’analyse, d’évaluer le volume des réservoirs de magma volcaniques et de renseigner sur l’ampleur potentielle des éruptions à venir.

     

    Relevons tout d'abord que «les éruptions volcaniques les plus dévastatrices de ces 100 dernières années étaient celles des volcans qui entrent rarement en éruption et qui ont de ce fait échappé aux radars des scientifiques». Pourtant, «aujourd’hui, la vie des 800 millions de personnes dans le monde vivant aux alentours de volcans en dépend».

     

    Alors qu'un «facteur déterminant de la dangerosité d’un volcan est le volume de magma éruptible présent dans les réservoirs et les galeries volcaniques» qui «renseigne sur l’ampleur potentielle des éruptions à venir», cette quantité de magma «est indécelable par observation directe puisqu’elle repose à des profondeurs allant de 6 à 10 km de la surface terrestre».

     

    Dans ce contexte, l'étude ici présentée a utilisé «une nouvelle approche qui combine la géochronologie du zircon et la modélisation thermique, pour déterminer le volume de magma potentiellement éruptible présent dans les réservoirs volcaniques». Concrètement, l’extraction de zircon, un petit cristal contenu dans les roches volcaniques qui «contient de l’Uranium et du Thorium» a permis de «calculer la taille des réservoirs de magma éruptible du volcan mexicain Nevado de Toluca».

     

    Plus précisément, comme l’Uranium et du Thorium» sont des éléments radioactifs, il est possible de dater leur cristallisation et comme, en outre, «le zircon ne cristallise que dans une plage de température spécifique», ces deux paramètres ont permis de calculer «la vitesse de refroidissement du magma sous le volcan». Du fait que, «plus le volume est grand, plus il faut de temps pour le refroidir», le volume de magma peut être déduit de la vitesse de refroidissement.

     

    L'analyse des zircons en éruption sur les dernières 1,5 million d’années a été appliquée «au volcan mexicain de Nevado de Toluca, appelé également Xinantécatl, un exemple emblématique de volcan en sommeil situé dans une zone très peuplée dans le voisinage de la ville de Mexico». Les calculs ont déterminé «la taille maximale d’une future éruption de ce volcan»: il apparaît que «avec un réservoir de 350 km3, soit environ quatre fois le volume du lac Léman, ce volcan est potentiellement ravageur».

     

    En fin de compte, cette approche, «essentielle pour évaluer quantitativement le risque volcanique», qui est «applicable à la plupart des volcans, qu’ils soient en activité ou endormis», offre «de précieuses indications pour savoir quels systèmes volcaniques doivent être surveillés de plus près».

     

     


    Tags Tags : , , , , , , , , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :