• Géophysique: une technique s'appuyant sur l'oxygène 17 prouve qu'au moment de la glaciation huronienne toute la planète était prise par la glace!____¤201504

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Revealing the climate of snowball Earth from Δ17O systematics of hydrothermal rocks» ont été publiés dans la revue PNAS, a permis de prouver, grâce à la mise au point d'une technique s'appuyant sur l'oxygène 17, un isotope de l'oxygène, qu'au moment de la glaciation huronienne toute la planète était prise par la glace.

     

    Rappelons tout d'abord que la glaciation huronienne correspond à un des épisodes 'boule de neige' ('Snowball Earth') qu'a connu la Terre au cours de son histoire (aux environs de -2,4 milliards d'années, - 720 et - 635 millions d'années). C'est même chronologiquement le premier, puisqu'il s'est produit «il y a 2,4 milliards d'années». L'origine de ce phénomène provient de ce que «sous l'effet de la vie bactérienne proliférant dans les océans, l'atmosphère a connu un décuplement de son taux d'oxygène, celui-ci passant de 0,1 à 1 %» (grande oxydation).

     

    Il en a découlé un bouleversement de la chimie de l'atmosphère qui a diminué son effet de serre entraînant une chute de la température globale de la planète et l'accroissement des banquises. Des simulations ont mis en lumière que, lorsque ces banquises «sont descendues sous les 50° de latitude, un emballement s'est produit», car, par l'effet d’albédo, la glace de mer, blanche, a renvoyé «dans l'espace une bonne partie des rayons solaires», c'est-à-dire de chaleur, créant plus de glaciers et de banquise, ce qui a, en retour, accru l'effet d’albédo.

     

    Si les traces géologiques de ces immenses glaciations existent, la question de savoir «si les océans ont entièrement gelé ou si, dans les régions intertropicales, il est resté des mers libres de glace» était encore débattue. La raison tenait «au fait que les 'paléo-thermomètres' dont les chercheurs se servent d'ordinaire» étaient inopérant.

     

    En effet, il était impossible «de reprendre la méthode classique d'exploitation des isotopes 16 et 18 de l'oxygène, qui permet de déduire les températures du passé à partir de carbonates marins ou, comme c'est le cas en Antarctique ou au Groenland, de carottages de glace», parce que, pour ces périodes, il n'y a pas d'échantillon adéquat.

     

    Cet obstacle a pu être contourné, aujourd'hui, par l'étude ici présentée, grâce à la mise au point d'une technique «impliquant à la fois un troisième isotope de l'oxygène (l'oxygène 17) et des roches ayant, à l'époque des épisodes 'boule de neige', interagi avec de l'eau (dont la molécule, H2O, compte un atome d'oxygène)».

     

    Ainsi, des roches de deux sites, «qui, lors de ces événements fort anciens, se trouvaient à la fois exposées aux éléments et en région tropicale» ont pu être analysé au moyen de cette technique: le premier est situé en Chine et date de 700 millions d'années environ, tandis que le second, localisé en Russie remonte à 2,4 milliards d'années.

     

    Les reconstitutions ont alors fait apparaître dans les deux cas qu'il avait régné «à ces endroits des températures dignes des régions polaires»: en particulier, «l'analyse isotopique de la roche russe donne un résultat qu'on ne retrouve aujourd'hui qu'au cœur de l'Antarctique et qui correspond à une température inférieure à -40°C» alors que ce site «se trouvait au bord des tropiques sur le supercontinent de l'époque, le Kenorland». En conséquence, cette étude prouve donc bien «qu'au moment de la glaciation huronienne, toute la planète était prise par la glace».

     

     


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