• Médecine: la baisse avec l'âge du stock de cellules souches musculaires, qui conduit à faire fondre nos muscles, est due à l'inhibition progressive du gène Sprouty1!____¤201512

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Age-Associated Methylation Suppresses SPRY1, Leading to a Failure of Re-quiescence and Loss of the Reserve Stem Cell Pool in Elderly Muscle» ont été publiés dans la revue Cell Reports, a permis de découvrir que la baisse avec l'âge du stock de cellules souches musculaires (CSM), qui conduit à faire fondre nos muscles, est due à l'inhibition progressive du gène Sprouty1.

     

    Les CSM humaines utilisées dans cette recherche ont été «prélevées chez sept volontaires jeunes, d'environ 20 ans, et sur 14 personnes âgées (autour de 80 ans)». Ainsi, il a tout d'abord pu être montré in vitro «que les CSM âgées ne meurent pas plus que les jeunes». De plus, l'hypothèse, selon laquelle «le stock de CSM diminuerait car, en vieillissant, ces cellules deviendraient de moins en moins performantes», a pu être éliminée.

     

    Des expériences conduites in vitro ont alors permis de confirmer qu'il y avait avec l'âge une moindre capacité de la réserve de CSM à s'autorenouveler. Pour bien en comprendre la cause, il faut savoir que «lorsqu'un muscle doit être régénéré ou réparé, toutes ses CSM sont activées et prolifèrent» et que si «la plupart d'entre elles vont alors se différencier et fusionner avec les fibres musculaires pour les renforcer», une petite partie se remet en sommeil (quiescence) afin de «reconstituer le stock initial de CSM».

     

    Ce que ces expériences in vitro ont ainsi montré, c'est qu'avec l'âge, les CSM perdaient de plus en plus leur capacité à entrer en quiescence puisque la proportion de CSM entrant en quiescence est «plus élevée parmi les CSM issues des sujets jeunes (environ 12 %) que parmi celles issues de personnes âgées (3 à 5 %)». Cette tendance a été «confirmée in vivo après injection de ces CSM à des souris».

     

    En outre, il est apparu que «l'ADN des CSM âgées portait beaucoup plus de marques épigénétiques, en l’occurrence des groupements méthyle (CH3)» et que «cette hyperméthylation inhibe l'expression du gène Sprouty1», connu pour son implication dans le phénomène de quiescence.

     

    La preuve de l'inhibition progressive du gène Sprouty1 a été apporté par plusieurs expériences complémentaires. Tout d'abord, l'ADN de CSM âgées a été déméthylé et «le taux de CSM quiescentes, soit la réserve globale de CSM, a alors augmenté». Dans une deuxième expérience, il n'y a pas eu d’augmentation du stock de CSM «en déméthylant l’ADN des CSM âgées comme précédemment» et «en inhibant en même temps l’expression de Sprouty1». Enfin, dans une troisième expérience, l’expression du gène Sprouty1 dans des CSM jeunes a été bloqué, ce qui a fait diminuer le stock de CSM: «seules 3 % des CSM entrant en quiescence contre 12 % en temps normal».

     

    Ces démonstrations particulièrement convaincantes ouvrent ainsi «une nouvelle piste de recherche pour lutter contre le vieillissement musculaire» en développant, par exemple «des molécules thérapeutiques capables d'empêcher la méthylation du gène Sprouty1». Elles indiquent également que si l'on entreprend de soigner certaines myopathies par injection de CSM, il faudra s'assurer au préalable «de leur faible degré de méthylation».

     

     

     


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