• Médecine: le mécanisme d’action de la myosine A, un moteur moléculaire essentiel pour l’infection par le parasite Plasmodium vecteur du paludisme, a été décrit en détails!____¤202010

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Full-length Plasmodium falciparum myosin A and essential light chain PfELC structures provide new anti-malarial targets» ont été publiés dans la revue eLife, a permis de faire une avancée majeure en décrivant de façon détaillée le mécanisme d’action de la myosine A, un moteur moléculaire essentiel pour l’infection par le parasite Plasmodium vecteur du paludisme. Ces résultats ouvrent une nouvelle voie dans la conception de traitements antipaludiques visant spécifiquement ce moteur.

     

    Relevons tout d'abord que le paludisme, aussi appelé malaria, est «une maladie qui tue encore un demi-million de personnes par an et un problème de santé publique majeur». Cette maladie parasitaire est due aux protozoaires du genre Plasmodium, dont le cycle de vie complexe alterne «des stades mobiles capables de migrer très rapidement dans l’organisme et des stades immobiles, appelés mérozoïtes, qui infectent les cellules sanguines (érythrocytes) et sont responsables des symptômes de la maladie».

     

    Les médicaments sont rares, malgré plus d’un siècle de recherche, et «ces parasites développent des résistances à tous les traitements»: ainsi, «l’apparition d’une résistance de P. falciparum à l’artémisinine est un problème de santé publique urgent». Notons ici que «la capacité de ces parasites à se déplacer et à infecter les cellules de leur hôte reposent sur un moteur moléculaire très spécifique appelé la myosine A (PfMyoA chez P. falciparum) qui fait partie d’un complexe macromoléculaire appelé glideosome».

     

    En réalité, les myosines, «impliquées dans la contraction musculaire ou dans le déplacement des cellules», sont «des moteurs moléculaires très communs dans le vivant». Structurellement, «les myosines sont constituées d’un domaine moteur capable d’hydrolyser de l’adénosine triphosphate (ATP) et d’un domaine adjacent appelé bras de levier»: concrètement, «l'énergie fournie par l’hydrolyse d’ATP conduit à des changements au sein du moteur qui sont amplifiés par le bras de levier qui conduisent à la production de force».

     

    Pour sa part, l'étude ici présentée a «décrypté le mécanisme de la myosine A dans le contexte de l’infection des cellules humaines par le parasite P. falciparum». En premier lieu, «plusieurs structures cristallographiques de la protéine PfMyoA entière» ont permis «de comprendre le mécanisme de production de force contrôlant le bras de levier atypique de cette protéine». En second lieu, les expériences de parasitologie, «guidées par les informations structurales», ont prouvé que «les éléments constituants le bras de levier sont essentiels à l’infection des cellules sanguines par le parasite, et donc à la progression de la maladie».

     

    En fin de compte, «ces travaux désignent la myosine A comme une cible thérapeutique de choix pour le développement de nouveaux traitements anti-paludéens» puisque «les structures cristallographiques de PfMyoA ouvrent la voie vers la conception rationnelle de petites molécules inhibitrices capables de bloquer spécifiquement l’action de ce moteur essentiel pour le pathogène».

     

     

     

     


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