• Médecine: Le rôle déterminant que joue une voie métabolique dans les troubles de mémoire de la maladie d’Alzheimer a été mis en évidence!____¤202003

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Impairment of Glycolysis-Derived l-Serine Production in Astrocytes Contributes to Cognitive Deficits in Alzheimer’s Disease» ont été publiés dans la revue Cell Metabolism, a permis de mettre en évidence le rôle déterminant que joue une voie métabolique dans les troubles de mémoire de la maladie d’Alzheimer. Elle montrent aussi qu’un apport en acide aminé particulier, sous forme de complément alimentaire, restaure la mémoire spatiale atteinte de façon précoce chez des souris modèles de la maladie.

     

    Relevons tout d'abord que le bon fonctionnement du cerveau, qui «consomme une grande partie de l’énergie disponible dans notre organisme», repose «sur une étroite coopération entre les neurones et les cellules de leur environnement, en particulier les astrocytes». Alors que «la phase précoce de la maladie d’Alzheimer est caractérisée par une réduction de ce métabolisme énergétique», jusqu'ici, «on ignorait si ce déficit pouvait contribuer directement aux symptômes cognitifs de la maladie d’Alzheimer».

     

    Dans ce contexte, l'étude ici présentée montre que, chez une souris modèle de la maladie d’Alzheimer, «la diminution de la consommation de glucose par les astrocytes conduit à une réduction de la production de L-sérine, un acide aminé majoritairement produit par ces cellules dans le cerveau et dont la voie de biosynthèse est altérée chez les patients».

     

    Concrètement, «la L-sérine est le précurseur de la D-sérine, connue pour stimuler les récepteurs NMDA, essentiels au bon fonctionnement du cerveau et à l’établissement de la mémoire». De ce fait, «en produisant moins de L-sérine, les astrocytes sont à l’origine d’une diminution de l’activité de ces récepteurs, ce qui entraîne une altération de la plasticité neuronale et des capacités de mémorisation associées». De plus, l'étude montre «que les fonctions de mémorisation des souris ont toutes été restaurées par un apport alimentaire en L-sérine».

     

    Au bout du compte, «l’identification du rôle de la L-sérine dans les troubles de la mémoire et l’efficacité expérimentale d’une supplémentation nutritionnelle ouvrent la voie à de nouvelles stratégies, complémentaires des thérapies médicamenteuses, pour lutter contre les symptômes précoces de la maladie d’Alzheimer et d’autres maladies présentant des altérations du métabolisme cérébral, comme les maladies de Parkinson ou de Huntington». Désormais, comme la L-sérine est «disponible comme complément alimentaire, il convient de tester de façon rigoureuse cette molécule chez l’humain, à travers des essais cliniques encadrés».

     

     


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