• Médecine: les chimpanzés infectés par la toxoplasmose sont attirés par l'urine de leur prédateur naturel, le léopard, et non par celles d'autres grands félins!____¤201602

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Morbid attraction to leopard urine in Toxoplasma-infected chimpanzees» ont été publiés dans la revue Current Biology, a permis de révéler que les chimpanzés infectés par la toxoplasmose sont attirés par l'urine de leur prédateur naturel, le léopard, et non par celles d'autres grands félins.

     

    Signalons tout d'abord que pour passer d'un hôte à l'autre, «certains parasites sont capables d'induire des changements comportementaux chez leurs hôtes», un phénomène, «connu sous le nom de 'manipulation parasitaire', qui est «rarement observé chez les mammifères». L'agent de la toxoplasmose, Toxoplasma gondii, est une exception notable, car «ce protozoaire, infectant de très nombreuses espèces, y compris l'Homme, ne peut se reproduire que chez les félins, qui se contaminent par l'ingestion d'une proie parasitée».

     

    Ainsi, des études ont montré chez la souris, «que ce parasite induit un changement olfactif chez les rongeurs parasités» de sorte que «contrairement aux individus sains, ceux-ci semblent attirés par l'odeur de l'urine de chats, augmentant ainsi les chances pour le parasite que son hôte intermédiaire, la souris, soit mangé par le chat, un hôte définitif félin».

     

    Chez les humains modernes, qui ne sont «plus chassés par les félins». d'autres études ont cependant «montré des changements de comportements chez les sujets parasités, comme des modifications de la personnalité, des temps de réaction prolongés ou une diminution de la concentration à long terme», sans qu'aucun effet bénéfique pour le parasite puisse être démontrés.

     

    En vue «de comprendre l'origine de ces changements comportementaux chez l'Homme», l'étude ici présentée a «effectué des tests comportementaux d'olfaction chez le chimpanzé, le plus proche cousin de l'Homme, encore prédaté dans son milieu naturel par un félin : le léopard».

     

    Il est ainsi apparu «que les individus non infectés évitaient l'urine de léopard» alors que «les individus parasités ne présentaient plus cette aversion». De plus, comme «cette modification comportementale n'est pas observée» lorsqu'il leur est proposé «de l'urine de félins non prédateurs (lions et tigres)», il semble y avoir «une grande spécificité de la manipulation parasitaire effectuée par Toxoplasma gondii».

     

    Ces observations, qui «suggèrent que la manipulation parasitaire effectuée par Toxoplasma gondii est spécifique à chaque hôte», alimentent ainsi «le débat sur l'origine des modifications comportementales et olfactives observées chez l'être humain lorsqu'il est atteint de toxoplasmose»: en effet, plutôt que de les considérer, comme on le faisait jusqu'à présent, comme de simples effets secondaires de cette maladie, cette étude vient de faire apparaître que «ces modifications remonteraient vraisemblablement au temps où nos ancêtres étaient encore une proie des grands félins».

     

     


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