• Médecine: les plaquettes de patients infectés par le VIH peuvent héberger le VIH infectieux, malgré une thérapie combinée efficace supprimant la charge virale dans le sang!____¤202003

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Platelets from HIV-infected individuals on antiretroviral drug therapy with poor CD4+ T cell recovery can harbor replication-competent HIV despite viral suppression» ont été publiés dans la revue Science Translational Medicine, a permis de montrer que les plaquettes de patients infectés par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) hébergent le VIH infectieux, malgré une thérapie antivirale combinée efficace supprimant la charge virale dans le sang. De plus, la présence de VIH chez ces patients dans les plaquettes «est fortement corrélée à l’échec de rétablissement de réponse immune T CD4+» et il est apparu «in vitro que les plaquettes peuvent propager le virus infectieux aux macrophages, l’un des réservoirs tissulaires du virus, établissant une voie alternative de dissémination du VIH vers ce type de réservoir».

     

    Relevons tout d'abord que si «le rôle des plaquettes dans l’hémostase est bien connu», c'est récemment, que «d’autres fonctions leurs ont été attribuées», car «les plaquettes interagissent avec des pathogènes, bactériens ou viraux». En outre, il a «été récemment montré in vitro que les plaquettes capturaient le VIH».

     

    Dans ce contexte, cette étude démontre «la présence de VIH infectieux dans les plaquettes isolées de patients infectés par le VIH, malgré une suppression virale réussie par la thérapie antirétrovirale combinée (cART)». Concrètement, «parmi les patients ayant une cART efficace en termes de charge virale, 20 à 30% sont en échec immunologique ne parvenant pas à rétablir une réponse immune correcte en termes de nombre de cellules CD4+ après au moins 12 mois de traitement (dits patients non répondeurs immunologiques)».

     

    Cette étude a «comparé les statuts immunologiques des patients ayant ou non du virus dans leurs plaquettes et montré que la présence de VIH infectieux dans les plaquettes des patients est en forte corrélation uniquement avec l’échec immunologique». Comme il a été «également observé que les mégacaryocytes de patients en échec immunologique étaient infectés par le VIH», ceci «expliquerait que les plaquettes qui en dérivent contiennent du virus».

     

    Par ailleurs, «les plaquettes finissant leur vie en étant phagocytées par des macrophages, la transmission du VIH infectieux des plaquettes aux macrophages tissulaires a été testée in vitro». Il a été constaté que «les plaquettes de patients qui contiennent du VIH peuvent propager l'infection in vitro aux macrophages selon un processus qui peut être inhibé en bloquant l'interaction plaquette-macrophage avec l'agent thérapeutique antiplaquettaire, Abciximab».

     

    Au bout du compte, cette étude «met en lumière la physiopathologie du VIH en décrivant une autre voie de dissémination virale dans laquelle les plaquettes jouent le rôle de transporteurs transitoires de virus infectieux et de nouveaux acteurs de la transmission du VIH de cellule à cellule qui contribuerait à entretenir le réservoir viral existant au niveau des macrophages tissulaires des patients sous traitement antirétroviral».

     

    Du fait que «la présence de plaquettes contenant le VIH caractérise une récupération immunologique médiocre chez les patients infectés par le VIH traités par des antirétroviraux», elle «constitue un marqueur prédictif potentiel pour la conception de stratégies thérapeutiques efficaces contre l'échec immunologique qu’on ne sait pas traiter à ce jour».

     

     


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