• Médecine: les protéines Bcl-2 humaines ont des similitudes avec des protéines «ancestrales», dont l'utilisation pourrait contrer la prolifération des cellules cancéreuses!____¤202010

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Ancient and conserved functional interplay between Bcl-2 family proteins in the mitochondrial pathway of apoptosis» ont été publiés dans la revue Science Advances, a permis, en se focalisant sur les protéines Bcl-2, une famille de protéines particulièrement impliquées dans le processus d'apoptose, de démontrer que les protéines Bcl-2 «modernes» humaines ont des similitudes de fonctionnement avec des protéines «ancestrales»,dont l'utilisation thérapeutique «pourrait se révéler efficace pour contrer la prolifération des cellules cancéreuses dans l’organisme».

     

    Relevons tout d'abord que l'apoptose, ou mort cellulaire, «est un processus essentiel au bon fonctionnement des organismes multicellulaires». Comme «dans le contexte du cancer, la perte de la capacité à induire l’apoptose contribue à la progression tumorale et à la chimiorésistance», la famille Bcl-2 de protéines «est particulièrement étudiée depuis plusieurs années» car «ces protéines Bcl-2 «sont de véritables arbitres moléculaires de l’apoptose» en raison «du contrôle qu’elles exercent sur la perméabilisation de la membrane mitochondriale externe (PMME), une étape-clé de la mort cellulaire».

     

    Alors que «l'origine et l'évolution de l’apoptose et plus particulièrement celle de la famille des protéines Bcl-2 restent encore mal comprise», l'étude ici présentée a cherché à apporter de nouveaux éléments de compréhension en analysant «le répertoire des protéines Bcl-2 dans un animal primitif nommé Trichoplax adhaerens». Trichoplax adhaerens est un placozoaire marin, «dont l’ancêtre le plus proche est apparu sur Terre il y a plus 550 millions d’années», qui «possède dans son génome quatre gènes codant des protéines de la famille Bcl-2».

     

    Il a été ainsi observé «une conservation remarquable de la régulation de l’apoptose au niveau mitochondrial depuis les placozoaires jusqu’à l’homme», en premier lieu parce que «ces protéines ancestrales sont capables de réguler la PMME de façon très similaire aux protéines Bcl-2 'modernes'» et, en second lieu, parce que «ces associations moléculaires ne sont pas restreintes à la seule famille des Bcl-2 chez le Trichoplax», car celles-ci sont «capables de se lier avec une forte affinité et une grande spécificité aux protéines Bcl-2 humaines».

     

    A partir de ces observations, l'étude a «isolé des molécules issues des protéines Bcl-2 de Trichoplax capables d’inhiber certaines protéines Bcl-2 humaines couramment surexprimées dans des cancers». Des tests in vitro ont alors «démontré la capacité de ces molécules à sensibiliser des cellules cancéreuses aux drogues utilisées actuellement en chimiothérapie». Ce travail ouvre ainsi «un nouveau champ de recherche sur les molécules à activité anti-tumorale qui existent chez les organismes primitifs et qui méritent d’être exploitées pour la santé humaine».

     

     


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