• Médecine: les résultats intermédiaires de la phase 1 d'un essai clinique, mené sur un traitement basé sur CRISPR-Cas9 contre l'amyloïdose à transthytérine, ont été présentés! ____¤202107

     

    Une étude, dont les résultats intitulés "CRISPR-Cas9 In Vivo Gene Editing for Transthyretin Amyloidosis" ont été publiés dans la revue NEJM, rapporte les conclusions intermédiaires de la phase 1 d'un essai clinique mené sur un traitement, basé sur CRISPR-Cas9, contre l'amyloïdose à transthytérine.

     

    Relevons tout d'abord que "l'amyloïdose à transthyrétine est caractérisée par l'accumulation d'une forme anormale de la transthyrétine, la protéine qui transporte la vitamine A, dans l'organisme", un dysfonctionnement qui "peut apparaître de façon sporadique, notamment chez les personnes âgées" ou qui peut "être la conséquence d'une mutation génétique héréditaire". Le seul gène concerné étant TTR, situé sur le chromosome 18, "une centaine de mutations de celui-ci capables d'induire une forme pathologique de la transthyrétine, qui s'accumule alors dans les nerfs, mais aussi le cœur et les reins" a été identifiée.

     

    Alors que "l'amyloïdose à transthyrétine est une maladie mortelle, avec une espérance de vie médiane d'environ dix ans après le diagnostic", les traitements qui existent pour ralentir son évolution, "n'agissent pas à la source" à la différence du traitement utilisant CRISPR-Cas9.

     

    Concrètement, la construction suivante a été mise au point: "une nanoparticule de graisse protège une ARN guide, spécifique du gène TTR, ainsi qu'une autre molécule d'ARN, messager cette fois, qui code pour la protéine Cas9, le ciseau qui coupe l'ADN". Les nanoparticules utilisées "ont été spécialement conçues pour cibler les hépatocytes, le foie étant l'organe qui produit la majeure partie (95 %) de la transthyrétine. Appelé NTLA-2001, ce traitement "est injecté dans le sang et voyage ainsi jusqu'au foie".

     

    La bulle de graisse, à son entrée dans les cellules, "est dissoute, libérant son contenu" de sorte que "l'ARNm de Cas9 est traduit en protéine et s'assemble à l'ARN guide pour former un complexe fonctionnel" qui "pénètre dans le noyau et s'attaque au gène TTR" en réalisant "une coupure double-brin dans l'ADN". Comme "la cellule fait en sorte de réparer cette blessure en recollant ensemble les deux extrémités", le gène "ne peut plus produire de transthyrétine", car "la séquence initiale est perdue".

     

    Testée "sur six volontaires, atteints d'amyloïdose à transthyrétine, ce " traitement n'a pas provoqué d'effets secondaires graves" et il est apparu au bout de 28 jours, que "la concentration de la protéine a diminué de 52 % pour la dose la plus faible et de 87 % pour la plus forte".

     

    Cependant, modifier "un gène peut avoir de lourdes conséquences", si "le ciseau coupe ailleurs qu'à l'endroit prévu, pouvant alors causer des mutations involontaires aux conséquences difficilement prévisibles". Pourtant "ici, des expériences menées sur des hépatocytes humains n'ont pas engendré de mutations hors-cibles provoquées", les seules variations dans l'ADN observées étant "dues à la réparation dans la coupure initiale, qui selon les scientifiques, a peu de risque d'induire des problèmes".

     

    Néanmoins, "si la quantité de transthyrétine a bel et bien diminué, l'effet positif du traitement sur les symptômes de la maladie est encore à prouver", car "le suivi des patients n'est pas encore assez long pour tirer une quelconque conclusion" et leur nombre (seulement six personnes) est faible pour en déduire "que le traitement est sûr et efficace pour tout le monde".

    Cependant, ces résultats suggèrent que traiter les maladies génétiques avec CRISPR-Cas9 est de l'ordre du possible".

     

     

     


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