• Médecine: les traitements contre la maladie d’Alzheimer devraient cibler les interactions entre les bêta-amyloïdes et LilrB2!____¤201309

     

    Une étude, dont les résultats ont été publiés dans la revue Science, révèle que les protéines bêta-amyloïdes, souvent considérées comme une conséquence de la maladie d’Alzheimer, seraient dangereuses plus tôt qu’on ne le pensait en contribuant à la destruction des synapses, les connexions nerveuses.

     

     

    Les bêta-amyloïdes sont retrouvées sous forme d'agglomérats, formant ce que l’on appelle des plaques séniles, dans le cerveau de tous les patients souffrant de la maladie d’Alzheimer. La démonstration de leur "dangerosité" part des observations faites sur une protéine de souris nommée PirB, qu'on pensait limitée au système immunitaire et qui se retrouve également à la surface des neurones, à proximité des synapses où elle joue un rôle de frein en empêchant les connexions nerveuses d’établir des liens trop forts à chaque nouvelle stimulation, et en évitant l’hyperexcitabilité, qui mène notamment à l’épilepsie.

     

    Il apparaît que des souris génétiquement modifiées pour présenter des troubles similaires à ceux rencontrés dans la maladie d’Alzheimer (elles étaient porteuses de deux gènes humains prédisposant à la neurodégénérescence), mais chez qui le gène à l’origine de PirB était éteint, présentent des dépôts de plaques séniles à l’âge adulte, qui ne sont associés à aucun trouble cognitif, puisque «les résultats aux tests de mémoire sont équivalents à ceux obtenus par les souris témoins». En outre, la flexibilité des synapses est préservée.

     

    L'explication est que les bêta-amyloïdes, au départ, sous forme libre, s’agrègent en petits groupes, appelés oligomères, qui se promènent librement dans le cerveau. Ayant une très forte affinité pour PirB, ils déclenchent, en se liant à la protéine de surface, une cascade d’événements qui aboutissent «à l’affaiblissement puis au dépérissement des connexions synaptiques»: la liaison entre les bêta-amyloïdes et le récepteur neuronal favorise l’activité d’une enzyme (la cofiline, retrouvée en quantités élevées chez les patients atteints d’Alzheimer), qui découpe l’actine, molécule essentielle au maintien des synapses.

     

    Or, si l’Homme ne synthétise pas la protéine PirB, il produit LilrB2, une protéine équivalente, et la même expérience, menée sur du tissu cérébral humain ne produisant pas LilrB2, a prouvé que, dans ce cas aussi, «les synapses ont tenu bon». Cette découverte démontre donc, que les traitements contre la maladie d’Alzheimer doivent cibler les interactions entre les bêta-amyloïdes et LilrB2, et non pas les plaques séniles qui apparaissent en aval.

     

     


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