• Médecine: un mécanisme moléculaire causant la dégénérescence des photorécepteurs de l’œil, pouvant conduire à la cécité, a été révélé! ____¤202206

     

    Une étude, dont les résultats intitulés "The connecting cilium inner scaffold provides a structural foundation that protects against retinal degeneration" ont été publiés dans la revue PLOS Biology, a permis de révéler un mécanisme moléculaire causant la dégénérescence des photorécepteurs de l’œil, pouvant conduire à la cécité. Cette découverte ouvre des pistes pour le développement d’approches thérapeutiques contre les rétinites pigmentaires.

     

    Relevons tout d'abord que "la rétinite pigmentaire est la maladie rétinienne héréditaire la plus répandue chez l’être humain, avec une incidence d’une personne atteinte pour 4000 dans le monde". L’apparition des premiers symptômes de cette maladie caractérisée par une dégénérescence des cellules sensibles à la lumière, les photorécepteurs, "survient en général entre l’âge de 10 et 20 ans avec une perte de la vision nocturne". Ensuite "le champ visuel se rétrécit en une «vision tunnel» pour aboutir finalement à une cécité vers l’âge de 40 ans".

     

    Dans la rétine, les photorécepteurs sont responsables de la conversion de la lumière en signal nerveux. Concrètement, "le segment externe de la cellule est formé d’empilements de disques sur lesquels sont localisés les pigments sensibles à la lumière", alors que "le segment interne contient toute la machinerie métabolique essentielle au fonctionnement de la cellule et est relié au segment externe par le cil connecteur".  Or "des mutations dans les gènes de quatre protéines localisées au niveau de ce cil connecteur sont toutes associées à des pathologies rétiniennes présentant des dégénérescences de photorécepteurs".

     

    Les quatre protéines en question ont été identifiées lors de travaux antérieurs qui les ont "localisées au niveau des centrioles, des structures cylindriques formées de microtubules et présentes dans toutes les cellules animales". En fait, comme ces protéines assurent dans le centriole «  la cohésion des différents microtubules en agissant comme une fermeture éclair », le problème était de savoir «  si elles ne jouaient pas le même rôle dans les structures tubulaires des cils connecteurs ».

     

    Dans ce contexte, "des techniques de microscopie à expansion, qui permettent de gonfler les cellules sans les déformer" ont permis d'observer "les tissus rétiniens avec une résolution jusqu’alors jamais atteinte". En se focalisant sur la structure de cils connecteurs provenant de souris qui présentaient – ou non – une mutation dans le gène d’une des quatre protéines mentionnées", ces observations, menées à différents stades de vie, ont montré qu'en absence de la mutation ces protéines assurent, tout comme ce qui avait précédemment été vu dans les centrioles, "la cohésion entre les microtubules en formant une fermeture éclair qui se referme au fur et à mesure du développement".

     

    Par contre, "lorsque le gène de cette protéine est muté, bien que la structure des microtubules apparaisse normale dans les premiers jours, les microtubules deviennent progressivement de moins en moins solidaires entre eux" de sorte qu'à l’âge adulte, "les souris concernées présentent finalement des microtubules qui ne sont plus du tout «zippés» les uns aux autres et qui finissent par s’effondrer, conduisant à la mort cellulaire des photorécepteurs".

     

    Ces travaux, qui "ont conduit à une meilleure compréhension au niveau moléculaire et structural de la rétinite pigmentaire" permettent "d’envisager des traitements thérapeutiques agissant en amont de la dégénérescence cellulaire" puisqu'ils suggèrent qu'en «injectant la protéine chez les patients souffrant de certaines rétinites pigmentaires, on peut supposer que le zip moléculaire puisse être rétabli pour garantir l’intégrité structurale des microtubules des cils connecteurs, évitant ainsi la mort des cellules photoréceptrices ».

     

     


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