• Médecine: un modèle murin de l’encéphalopathie hépatique montre que des perturbations moléculaires cérébrales apparaissent en deux semaines! ____¤201908

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Longitudinal neurometabolic changes in the hippocampus of a rat model of chronic hepatic encephalopathy» ont été publiés dans la revue Journal of Hepatology, a permis, pour la première fois, d'observer dans un modèle murin de l’encéphalopathie hépatique (une détérioration cérébrale provoquée par une maladie chronique du foie), qu’un dysfonctionnement du foie provoque en deux semaines des perturbations moléculaires cérébrales, alors même qu’aucun symptôme physique n’est apparent.

     

    Notons tout d'abord que «lorsque le foie est malade, comme en cas de cirrhose, de nombreuses substances ne sont plus filtrées et peuvent provoquer des atteintes psychologiques, motrices et neurocognitives chez l’adulte». Nommée encéphalopathie hépatique, cette maladie «peut se manifester par un large spectre de symptômes allant jusqu’au coma».

     

    Il était déjà connu «que l’un des acteurs de l’encéphalopathie hépatique est l’ammonium», une substance «produite par la dégradation des protéines, dont une partie est dirigée vers le cerveau pour être transformée en glutamine (utilisée pour la fabrication de neurotransmetteurs) et l’autre partie est filtrée par le foie et excrétée par les urines».

     

    Concrètement, «si le foie dysfonctionne, cela provoque un excès d’arrivée d’ammonium au cerveau, et donc de production de glutamine, qui peuvent déclencher un œdème cérébral et dans certains cas l’encéphalopathie hépatique». Toutefois, il restait deux inconnues concernant d’éventuels «autres acteurs moléculaires responsables de l’encéphalopathie hépatique» et sur le délai au bout duquel le cerveau est «atteint par le dérèglement du foie».

     

    Pour éclaircir ces zones d'ombre, l'étude ici présentée a suivi «des rats atteints d’une maladie chronique du foie durant huit semaines»: chaque animal a été placé «chaque deux semaines dans une IRM à haut champ magnétique (9,4 Tesla) pour effectuer de la spectroscopie à haute résolution (SRM)», afin «d’observer de manière très précise les altérations moléculaires du cerveau dès le début de la maladie du foie».

     

    Il est ainsi apparu «que dès la deuxième semaine de la maladie du foie, des changements moléculaires affectent le cerveau» alors que «les rats ne présentent encore aucun symptôme de maladie» (jusqu'ici l'impact, était supposé survenir «sur la base d’études antérieures», après environ six semaines «soit le début de la dégradation de l’état de santé de l’animal»).

     

    Plus précisément, «les signes extérieurs de la maladie apparaissent entre la quatrième et la huitième semaine: jaunisse, malnutrition ou encore de l’eau dans le ventre». Il a été observé, dès ce moment, «dans le cerveau qu’en plus d’un excès d’ammonium, le taux de deux autres molécules baisse soudainement : la vitamine C, un antioxydant, et la créatine, qui remplit de multiples fonctions notamment énergétiques»: c'est ainsi «la première fois que l’on démontre visiblement l’intervention de ces deux nouveaux acteurs», qui «apparaissent dans un second temps, après la montée d’ammonium dans le sang».

     

    En fin de compte, ces observations «suggèrent qu’une analyse du cerveau par SRM permettrait de détecter les manifestations neurologiques d’une maladie chronique du foie bien avant l’apparition des premiers symptômes».

     

     


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