• Médecine: un nouveau groupe de cellules immunitaires, présent uniquement chez les nourrissons et constituant la cible privilégiée du virus de la bronchiolite, a été découvert! ____¤201702

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Respiratory Syncytial Virus Infects Regulatory B Cells in Human Neonates via Chemokine Receptor CX3CR1 and Promotes Lung Disease Severity» ont été publiés dans la revue Immunity, rapporte la découverte d'un nouveau groupe de cellules immunitaires de type lymphocytes B, présent uniquement chez les nourrissons, et constituant la cible privilégiée du virus de la bronchiolite.

     

    Rappelons tout d'abord que la bronchiolite, «première cause de consultation et d’hospitalisation dans les services de pédiatrie et en réanimation pédiatrique durant la période hivernale», est «une infection due au virus respiratoire syncytial (VRS), affectant les voies respiratoires basses» dont «la gravité est spécifique de l’âge du patient».

     

    Plus précisément, «alors que l’infection reste asymptomatique chez les adultes et les enfants de deux ans et plus, les nourrissons sont eux très sensibles au virus», notamment les nouveau-nés de moins de 3 mois, qui «sont les plus enclins à développer des bronchiolites très sévères», nécessitant «une assistance respiratoire médicalisée en unité de soins intensifs». Chaque année, en France, «près de 500 000 nourrissons de moins de 2 ans contractent une bronchiolite» et «il n’existe aucun vaccin ni traitement contre cette infection».

     

    Dans ce contexte, l'étude ici présentée a permis «d’identifier une population de lymphocytes B, jamais décrite auparavant, présente uniquement chez les très jeunes enfants (moins d’un an)» que «le virus VRS infecte préférentiellement». Alors qu'en général les lymphocytes B jouent «un rôle protecteur contre les infections, en produisant des anticorps capables de neutraliser des pathogènes qui attaquent l’organisme», les lymphocytes B découverts ont «des propriétés régulatrices, qui tendent à réduire l’inflammation et la réponse immunitaire contre le virus».

     

    Ces caractéristiques font que le VRS, «en infectant chez les nourrissons ces lymphocytes B particuliers, baptisés nBreg (pour 'lymphocytes B régulateurs néonataux')», va les activer et limiter de la sorte son élimination, «ce qui explique la sévérité accrue de la maladie».

     

    Le mécanisme «par lequel le VRS infecte les lymphocytes nBreg», qui fait appel «à un double système de reconnaissance entre le virus et la cellule immunitaire», a pu être décrit. La première reconnaissance s'effectue «par contact entre une protéine à la surface du virus (protéine F) et un anticorps qui lui est spécifique, à la surface de la cellule nBreg». Sa conséquence l'activation du lymphocyte, «qui peut alors exprimer une autre molécule, CX3CR1, reconnaissant, elle, la protéine virale G».

     

    A l’issue de ces deux étapes, «les membranes du virus et de la cellule fusionnent, permettant la libération du matériel génétique du virus dans le lymphocyte nBreg». Grâce à l'infection de cette cellule, le virus VRS peut «inhiber la réponse immunitaire antivirale, en exprimant les gènes de la réponse anti-inflammatoire» afin de se maintenir dans son hôte.

     

    Cette étude, qui «explique les raisons sous-jacentes, longtemps méconnues, de la susceptibilité des nourrissons à la bronchiolite», devrait permettre à terme par l'identification de «ces nouveaux lymphocytes nBreg comme biomarqueurs pronostiques de la sévérité de la maladie» de «détecter à la naissance les terrains à risque» et d'ouvrir des pistes pour «des traitements plus adaptés».

     

     


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