• Médecine: une approche permettant de suivre le transport des protéines vers différents compartiments de la cellule a été appliquée à l’infection par le VIH! ____¤201910

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Targeting CCR5 trafficking to inhibit HIV-1 infection» ont été publiés dans la revue Science Advances, a permis, grâce à un système permettant de suivre le transport des protéines vers différents compartiments cellulaires, de cribler des collections de composés chimiques pour identifier des molécules perturbant ce transport. Les protéines étant parfois la cause de maladies ou la porte d’entrée de certains pathogènes, cette approche a pu être appliquée à l’infection par le VIH.

     

    Relevons tout d'abord que «pour contrôler leur activité et assurer leurs fonctions, nos cellules ont besoin en permanence de fabriquer des nouvelles protéines qui sont transportées de façon très précise vers les compartiments cellulaires où elles sont actives, comme les lysosomes ou la membrane plasmique».

     

    Comme «les échanges que les cellules entretiennent avec l’environnement (capture de nutriments, émission de signaux ou interactions avec d’autres cellules par exemple) dépendent de voies de transport intracellulaire efficaces et contrôlées», le dysfonctionnement de ces voies «est souvent associé au développement de pathologies (problèmes d’inflammation, de métabolisme, de développement ou cancers)». De plus, «certaines de ces protéines sont utilisées comme point d’entrée par des pathogènes, comme des bactéries ou des virus».

     

    Aujourd’hui, on peut envisager des thérapies qui consistent à «perturber sélectivement le transport d’une protéine mise en jeu dans le développement d’une pathologie». Dans ce but, l'étude ici présentée a «développé un système d’analyse quantitatif du trafic intracellulaire nommé système RUSH» pour «suivre spécifiquement le transport de certaines protéines dans des cellules gardées en culture».

     

    Concrètement, «ce système a été utilisé pour cribler à haut débit de larges collections de composés chimiques (chimiothèques) par imagerie cellulaire automatisée» au moyen de robots de pipetage et de systèmes d’imagerie cellulaire automatisés, «couplés à des algorithmes d’analyse d’images et des méthodes d’analyse de grands jeux de données».

     

    Plus précisément, RUSH a servi à trouver «des inhibiteurs spécifiques du transport de protéines impliquées dans le développement de pathologies humaines et notamment la protéine CCR5, corécepteur du virus VIH, l’agent du SIDA». Ainsi, de «petites molécules inhibant le transport de la protéine CCR5 à la surface des cellules ont été identifiées» et caractérisées. Leur mode d’action a été «analysé et leurs effets sur l’infection par le VIH étudié in vitro».

     

    En fin de compte, leur spécificité d’action a «été confirmée et le mode d’action de certaines d’entre elles élucidé». Surtout, il a été établi «que des cellules primaires humaines, cibles de l’infection par le VIH (des macrophages) sont partiellement protégées de l’infection par le VIH grâce à ces molécules».

     

    Ainsi, cette étude, qui démontre «la possibilité de réguler spécifiquement certaines voies de transport intracellulaire», ouvre «des nouvelles pistes de recherche thérapeutique basées sur la biologie cellulaire» pouvant «permettre d'explorer de nouveaux moyens de lutter contre de nombreuses pathologies».

     

     


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