• Médecine: une bactérie présente dans notre intestin produit la ruminococcine C1, un antibiotique particulièrement efficace contre des souches bactériennes résistantes!____¤202008

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «The unusual structure of Ruminococcin C1 antimicrobial peptide confers clinical properties» ont été publiés dans la revue PNAS, a permis de découvrir qu’une bactérie présente dans notre intestin produisait la ruminococcine C1, un antibiotique efficace contre des souches bactériennes résistantes sans leur faire développer de nouvelles défenses.

     

    Comme «dans le monde de l’infiniment petit, les microorganismes s’affrontent et se défendent en produisant et relâchant différentes molécules dans leur environnement proche» et comme il apparaît que «certaines bactéries émettent des composés naturels aux propriétés antibiotiques, très intéressants pour contrer les microbes pathogènes qui développent des résistances aux médicaments», l'étude ici présentée s'est focalisée sur des «microorganismes présents dans notre système digestif, mais inoffensifs pour nous, avec l’idée que leurs mécanismes de défense sont déjà adaptés à notre corps et n’ont pas d’effets secondaires».

     

    Plus précisément, elle s'est intéressée à la bactérie Ruminococcus gnavus, qui «produit une famille de cinq molécules antimicrobiennes, dont la ruminococcine C1 (RumC1)». Ce peptide, «c’est-à-dire un polymère constitué d’acides aminés», a été synthétisé en laboratoire et il a été constaté «qu’il est un excellent candidat pour de nouveaux antibiotiques».

     

    Concrètement, «in vitro, RumC1 s’est montré efficace, même à très faibles doses, contre divers pathogènes liés à des infections nosocomiales et de l’intestin» parmi lesquels, «Enterococcus faecalis et Clostridium difficile, classés par l’OMS dans la liste des bactéries résistantes aux antibiotiques les plus préoccupantes, où l’on retrouve par exemple le staphylocoque doré».

     

    Le mode d’action de RumC1, qui n'est «pas encore compris», n’a pas «entraîné de développement de résistance chez les bactéries qu’elle cible». Le peptide, qui est «actif dans des conditions mimant celles de l’intestin», n’est pas toxique pour les tissus intestinaux. En outre, RumC1 se démarque «par sa structure en double épingle, une forme jusqu’alors inconnue chez cette famille de peptides»: cette structure très compacte «permet au peptide de résister à plusieurs traitements physico-chimiques, comme les changements de pH ou encore à l’action de différentes enzymes».

     

    Au bout du compte, dans un contexte où «le monde s’inquiète de la résistance croissante des bactéries aux antibiotiques», cette étude montre «que RumC1 peut être administré sous forme de médicament, et qu’il peut être fabriqué et manipulé en grandes quantités par des procédés industriels».

     

     


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