• Médecine: une nouvelle canalopathie cérébrale ayant pour origine des mutations dominantes du gène KCNN2, codant pour le canal ionique SK2, a été identifiée!____¤202011

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Variants in the SK2 channel gene (KCNN2) lead to dominant neurodevelopmental movement disorders» ont été publiés dans la revue Brain, a permis d’identifier une nouvelle canalopathie cérébrale ayant pour origine des mutations dominantes du gène KCNN2, codant pour le canal ionique SK2.

     

    Relevons tout d'abord que «les dysfonctionnements des canaux ioniques (ou canalopathies) dans le cerveau sont aujourd’hui associés à plus de 30 maladies neurologiques comme l’épilepsie ou encore les ataxies cérébelleuses». Ces canaux, qui sont des «structures situées sur la membrane des cellules permettant le passage d’ions (par exemple les ions sodium et potassium) entre l’intérieur d’une cellule et son environnement extérieur (milieu extracellulaire)», permettent «notamment de générer et contrôler les potentiels d’action dans les neurones».

     

    Dans ce contexte, l'étude ici présentée a porté «sur 10 patients, 6 hommes et 4 femmes âgés de 2 à 60 ans présentant des retards intellectuels plus ou moins sévères associés, pour certains, à des troubles du spectre autistique ou des épisodes psychotiques». Dans tous les cas, ces troubles cognitifs sont «associés à des tremblements, à des symptômes d’ataxie cérébelleuse ou encore à des mouvements anormaux».

     

    Concrètement, en premier lieu, «le génome d’un premier patient recruté à la Pitié-Salpêtrière a été analysé à la recherche de mutations génétiques à l’origine de ce syndrome», une analyse qui «a mis en évidence une mutation du gène KCNN2 interrompant sa séquence codante, absente des parents du patient (mutation de novo)». En outre, «l'imagerie cérébrale par IRM (imagerie par résonance magnétique) chez ce patient a mis en évidence des anomalies de structure et d’intégrité de la substance blanche du cerveau, c'est-à-dire la gaine cérébrale protectrice des axones des neurones».

     

    En second lieu, une collaboration internationale a permis «d’identifier 9 autres patients avec mutations du gène KCNN2», la majorité de ces mutations étant «survenues de novo tandis qu’une mutation était transmise dans une forme familiale du même syndrome». L'étude a alors «montré un rôle délétère de ces mutations sur la fonction du canal SK2, c'est-à-dire une perte de fonction entrainant un dysfonctionnement du canal ionique SK2 et donc une perte de régulation du potentiel d’action, support du message nerveux».

     

    Ces observations ont conduit à «identifier une nouvelle canalopathie cérébrale ayant pour origine des mutations dominantes du gène KCNN2, codant pour le canal ionique SK2».

     

    Ce nouveau syndrome caractérisé «par la présence, d’une part, de symptômes cognitifs, en particulier une déficience intellectuelle et, d’autre part, de symptômes moteurs tels que des mouvements anormaux», dont «on connaît maintenant la cause», est «très hétérogène d’un point de vue des symptômes et nécessite une prise en charge multidisciplinaire à la frontière entre la génétique, pour la recherche des mutations du gène KCNN2, la neuropédiatrie et la neurologie pour la prise en charge des manifestations cognitives et motrices des patients».

     

     


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