• Médecine: une nouvelle cible thérapeutique a été définie pour prévenir les dyskinésies qui apparaissent lors du traitement de la maladie de Parkinson!____¤202004

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «D1-mGlu5 heteromers mediate noncanonical dopamine signaling in Parkinson’s disease» ont été publiés dans la revue Journal of Clinical Investigation, définit une nouvelle cible thérapeutique pour prévenir les dyskinésies qui apparaissent lors du traitement de la maladie de Parkinson.

     

    Relevons tout d'abord que «pour pallier la dégénérescence massive des projections dopaminergiques, les patients parkinsoniens sont classiquement traités à la L-DOPA», un traitement qui «restitue l’équilibre entre glutamate et dopamine, neurotransmetteurs responsables de la plasticité synaptique des neurones du striatum» et «rétablit les fonctions cognitives associées»: en particulier, la L-DOPA permet «d’atténuer l'akinésie et la rigidité des patients parkinsoniens». Néanmoins, la L-DOPA induit des dyskinésies indésirables (mouvements incontrolés)», des effets atypiques de la dopamine, qui «seraient dus à des remaniements moléculaires au cours de la maladie de Parkinson qui modifieraient la signalisation dopaminergique».

     

    Dans ce contexte, l'étude ici présentée montre, dans un modèle murin de la maladie de Parkinson, «l’apparition de structure ('plateformes de signalisation') contenant à la fois les récepteurs de la dopamine (D1) et du glutamate (mGlu5)». Il est ainsi apparu «que les récepteurs D1 et mGlu5 peuvent interagir physiquement et former des entités hétéromériques D1-mGlu5, jusqu'alors inconnues».

     

    En fait, «ces plateformes sont douées de propriétés de signalisation uniques au regard des récepteurs isolés»: l'hétéromère D1-mGlu5, en particulier, «entraine une activation excessive de la voie de signalisation médiée par la phospholipase (PLC) et la libération intracellulaire de calcium».

     

    Concrètement, «ces hétéromères D1-mGlu5 sont très abondants dans le striatum dénervé en dopamine dans le modèle de la maladie de Parkinson», car si «le marquage des complexes endogènes par fluorescence sur tranches de cerveau révèle l’existence de ces plateformes de signalisation D1-mGlu5, bien que clairsemées, dans le striatum intact», leur concentration «augmente significativement après une dégénérescence dopaminergique nigrostriatale» et «le nombre de punctas de D1-mGlu5 est encore supérieur après un traitement chronique à la L-DOPA».

     

    En réalité, «les fonctions physiologiques de la dopamine et du glutamate semblent être régies par les récepteurs isolés, alors que la signalisation menant aux dyskinésies reposerait sur l’activation des plateformes intégrant les deux types de récepteurs, D1-mGlu5».

     

    Du fait que, chez la souris, «si la signalisation des complexes D1-mGlu5 est abolie pendant le traitement à la L-DOPA, l’effet antiparkinsonien bénéfique est préservé» tandis que «les réponses moléculaires et motrices inadaptées menant aux dyskinésies indésirables disparaissent», cela suggère qu'en empêchant «la signalisation des dimères D1-mGlu5 formés pendant l'éthiologie de la maladie de Parkinson», les dyskinésies induites par la L-DOPA pourraient être prévenues «tout en préservant les avantages anti-akinétiques de ce traitement».

     

     


    Tags Tags : , , , , , , , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :