• Neurologie: il a été possible de décrire, pour la première fois, comment le cortex préfrontal déploie l’attention visuelle dans l’espace et dans le temps, à un rythme de 10 Hz! ____¤202002

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Prefrontal attentional saccades explore space rhythmically» ont été publiés dans la revue Nature communications, a abouti à décrire, pour la première fois, comment le cortex préfrontal déploie l’attention visuelle dans l’espace et dans le temps, à un rythme de 10 Hz, de façon adaptée à nos besoins. En outre, elle montre l’impact que cela a sur notre perception de notre environnement visuel.

     

    Relevons tout d'abord que du fait que «le cerveau humain présente une capacité de traitement limitée», il ne peut pas «gérer de manière optimale le flux continu d’informations qui lui parvient». L’information visuelle qui parvient à notre rétine étant très dense, l’attention spatiale surmonte «cette limite en filtrant et en sélectionnant les informations visuelles les plus importantes, au détriment des informations les moins pertinentes».

     

    Alors que «plusieurs régions corticales participent à ce processus essentiel de la vision», des «résultats convergents indiquent que le cortex préfrontal est le centre du contrôle attentionnel» puisqu'il apparaît que «les signaux qu’il envoie vers le cortex pariétal ou le cortex visuel strié et extrastrié modulent l’information visuelle en entrée, amplifiant la réponse à certaines positions spatiales ou caractéristiques visuelles, tout en déprimant la réponse à d’autres caractéristiques».

     

    Le modèle «d’un focus attentionnel sous le contrôle volontaire du sujet et se déplaçant sur la scène visuelle à traiter, tel un projecteur», qui a été proposé par William James, «psychologue visionnaire de la fin du 19ème siècle», a «dominé les études sur l’attention spatiale». Cependant, «ces dernières années, des études comportementales ont démontré que l’attention spatiale est de nature rythmique, échantillonnant les régions les plus pertinentes de l’espace visuel à un rythme de 10 Hz».

     

    Dans un contexte, où «les bases neuronales de cette rythmicité et la réconciliation de cette observation avec le paradigme d’un projecteur attentionnel restent posées», l'étude ici présentée a permis d'enregistrer «l’activité neuronale du cortex préfrontal d’un primate non humain» et d'accèder «en temps réel, par des techniques de décodage de l’activité neuronale, à la position continue de son focus attentionnel». Il a été ainsi possible de «suivre l’endroit où le singe fait attention sur un écran alors même qu’il effectue une tâche qui exige de lui de ne pas bouger les yeux».

     

    L'étude démontre de cette façon que le focus attentionnel «se déplace dans l’espace de manière rythmique, a une fréquence précise de 7-12 Hz, dans la bande alpha»: cette exploration de l’espace visuel «fait alterner des phases d’exploitation des informations connues a priori, et des phases d’exploration à la recherche d’informations nouvelles».

     

    Au bout du compte, il a été constaté que «ces mécanismes exploratoires périodiques reposent sur un rythme neuronal populationnel qui prend son origine au niveau même du cortex préfrontal». Ainsi, ces travaux, qui «représentent une avancée dans la compréhension des bases neurales de l’attention spatiale», ouvrent «de nouvelles perspectives dans le développement de techniques de réhabilitation de l’attention basées sur les techniques de 'neurofeedback', c’est-à-dire des techniques de réhabilitation basées sur un contrôle direct du sujet sur son activité neuronale».

     

     


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