• Neurologie: l’exposition chronique aux fongicides, même à très faibles doses, exacerbe les marqueurs de la maladie d’Alzheimer tels que les dépôts amyloïdes et l’inflammation! ____¤202002

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Fungicide Residues Exposure and β-amyloid Aggregation in a Mouse Model of Alzheimer’s Disease» ont été publiés dans la revue Environmental Health Perspectives, révèle, en s'appuyant sur le traitement de souris transgéniques, modèle de la maladie d’Alzheimer, par un cocktail de composés antifongiques présents dans l’eau de boisson à la dose réglementaire de 0.1 μg/L, que l’exposition chronique aux fongicides, même à de très faibles doses, exacerbe les marqueurs de la maladie d’Alzheimer tels que les dépôts amyloïdes et l’inflammation.

     

    Relevons tout d'abord que «l'emploi massif de pesticides entraîne une pollution de tous les milieux (air, eaux, sols) et une contamination des denrées alimentaires par de multiples résidus». Comme «il est difficile de déterminer les effets à long terme sur la santé humaine de l'exposition chronique à ces multiples résidus», il est nécessaire «de mimer cette contamination silencieuse dans des modèles animaux», une tâche compliquée par «le vaste choix de molécules présentes sur le marché allié à la multiplicité des combinaisons de résidus de pesticides».

     

    Dans ce contexte, l'étude ici présentée s'est focalisée sur «une famille de composés antifongiques de la classe des anilinopyrimidines», en raison de «la fréquence des résidus de cyprodinil, de mepanipyrim et de pyrimethanil retrouvés dans l’alimentation des français (Etude ANSES TDS2, 2011) et leur environnement».

     

    Afin d'évaluer «l’impact de ces résidus sur la pathologie d’Alzheimer, les expériences ont consisté à mimer une exposition chimique à bas bruit» grâce à «des souris transgéniques J20, un modèle de la maladie d’Alzheimer et de l’angiopathie amyloïde cérébrale», qui «ont été traitées par un cocktail des 3 antifongiques (cyprodinil, mepanipyrim et pyriméthanil) chacun à la dose de 0.1 μg/L (correspondant à 0.5 nM) dans l’eau de boisson, pendant 9 mois».

     

    La dose choisie correspondait à «celle à ne pas dépasser dans l’eau potable (0.1 μg/L pour un pesticide et 0.5 μg/L en cocktail, selon la réglementation européenne n°98/83/CE révisée le 08/11/2018)». Il est alors apparu que «les souris traitées au cocktail de pesticides à faibles doses» présentaient «une forte augmentation du nombre et de la taille des plaques amyloïdes dans le cerveau, à la fois dans l’hippocampe et le cortex». De plus, «une aggravation des marqueurs de l’inflammation astrocytaire et microgliale» a également été observée, «ainsi qu’un taux élevé de certaines interleukines dans le cerveau des animaux».

     

    Enfin, une analyse «dans le temps de l’apparition des plaques amyloïdes à 3, 6 et 9 mois» réalisée «par imagerie biphotonique» montre que les souris traitées aux pesticides ont une augmentation d’un facteur 18 du volume des agrégats amyloïdes vasculaires dans le cortex superficiel entre 6 et 9 mois d’âge», des plaques vasculaires qui «sont réminiscentes d’une angiopathie amyloïde cérébrale».

     

    Au bout du compte, ces données, qui «montrent que les composés antifongiques de la famille des anilinopyrimidines aggravent les marqueurs principaux de la maladie d’Alzheimer, même à très faibles doses, suggèrent «un lien possible entre l’exposition chronique aux résidus de fongicides et une aggravation de l’angiopathie amyloïde cérébrale (AAC)» dont la présence «autour des vaisseaux sanguins conduit souvent à des hémorragies cérébrales, une comorbidité de la maladie d’Alzheimer».

     

     


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