• Neurologie: l'identification de l'un des mécanismes moléculaires responsables de la spasticité amène à proposer deux solutions thérapeutiques concluantes chez l'animal!____¤201603

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Cleavage of Na+ channels by calpain increases persistent Na+ current and promotes spasticity after spinal cord injury» ont été publiés dans la revue Nature Medicine, a permis d'identifier l'un des mécanismes moléculaires responsables de la spasticité, un phénomène, qui survient, chez la plupart des patients, à la suite d'un traumatisme de la moelle épinière, et se traduit par une exagération du tonus musculaire aboutissant souvent à une incapacité motrice. Alors que les traitements existant aujourd'hui sont peu satisfaisants, deux solutions thérapeutiques, concluantes chez l'animal, ont été proposées, dont l'une sera testée en essais cliniques de phase 2 dès cette année.

     

    Indiquons tout d'abord qu'actuellement, 12 millions de personnes dans le monde souffrent de spasticité: ce désordre moteur, consécutif à une lésion de la moelle épinière (accident de la route, AVC) ou survenant après une maladie neurodégénérative comme la sclérose latérale amyotrophique (SLA) «se caractérise principalement par une hyperexcitation des motoneuronesneurones de la moelle épinière qui contrôlent nos contractions musculaires», ce qui «aboutit à des contractions simultanées et incontrôlées des muscles fléchisseurs et extenseurs, qui rendent tout mouvement locomoteur difficile, voire impossible».



    Ici, il faut signaler que «l'excitation des neurones est en partie déclenchée par les canaux sodiques exprimés sur leur membrane», dont l'ouverture «génère un flux de sodium qui engendre l'activation brève des motoneurones, à l'origine d'une contraction musculaire de courte durée». Dans le cas de la spasticité, «les flux de sodium durent plus longtemps, ils sont dits 'persistants' ce qui entraine une surexcitation du neurone».

     

    L'étude ici présentée «a découvert que cette hyperexcitabilité résulte d'une dérégulation des canaux sodiques dans le neurone»: en effet, alors que «la fermeture rapide du canal à sodium s'effectue normalement grâce à une 'boucle moléculaire' raccordée au canal, qui vient rapidement obstruer celui-ci après son ouverture», il est apparu qu'après une lésion de la moelle épinière, «l'activité d'une enzyme, la calpaïne, est augmentée» de sorte qu'elle rend inopérant le processus d'inactivation et laisse ouvert le pore en «générant un courant sodique prolongé, de nature persistante».

     

    Deux traitements ont été testés sur des rats présentant des lésions de la moelle épinière. D'une part, MDL28170, une molécule qui inhibe la calpaïne: son usage pendant dix jours «rétablit le bon fonctionnement du canal sodique et réduit durablement l'ampleur de la spasticité» puisque «un mois après la fin du traitement, les effets positifs sur la spasticité perdurent».



    L'autre molécule testée, le riluzole, qui «agit comme un inhibiteur du courant sodique persistant», réduit également la spasticité, «même si ses effets restent temporaires dans la mesure où celle-ci réapparaît deux semaines après la fin du traitement». Elle présente malgré tout «un grand intérêt puisqu'elle est déjà administrable aux patients atteints de sclérose latérale amyotrophique»: aussi, «des essais cliniques de phase 2, qui débuteront cette année à l'hôpital de la Timone, testeront son efficacité dans le traitement de la spasticité chez des patients atteints de lésions de la moelle épinière».

     

     


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