• Neurologie: la façon dont le cerveau des personnes naissant sans corps calleux (qui n’ont plus de pont entre les hémisphères cérébraux) parvient à s’adapter, a été décrite! ____¤202011

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Structural Neuroplastic Responses Preserve Functional Connectivity and Neurobehavioural Outcomes in Children Born Without Corpus Callosum» ont été publiés dans la revue Cerebral Cortex, a permis de montrer comment le cerveau des personnes naissant sans corps calleux, qui n’ont plus de pont entre les deux hémisphères cérébraux, parvient à s’adapter.

     

    Relevons tout d'abord qu'une «personne sur 4000 nait sans corps calleux, une structure cérébrale composée de fibres neuronales qui servent à faire passer des informations d’un hémisphère à l’autre». Si «un quart d’entre elles ne souffrent d’aucun symptôme, les autres ont soit de faibles quotients intellectuels, soit des troubles cognitifs prononcés».

     

    Dans ce contexte, l'étude ici présentée a «découvert qu’en l’absence de fibres neuronales servant de pont entre les hémisphères, le cerveau se réorganise et créé un nombre remarquable de connexions à l’intérieur de chaque hémisphère» de sorte qu'il y a alors «plus de connexions intrahémisphériques que dans des cerveaux sains». Ceci témoigne de «l’implication de mécanismes de plasticité», qui «permettraient au cerveau de compenser les pertes en recréant des connexions vers d’autres régions du cerveau en utilisant des voies neuronales alternatives».

     

    Rappelons ici que «le corps calleux se développe in utero entre la 10e et 20e semaine de gestation» et que son agénésie «est une malformation cérébrale congénitale qui correspond à l’absence de formation de cette structure cérébrale, si bien qu’un bébé sur 4000 nait sans corps calleux». Rien, alors, «ne remplace cette structure d’une dizaine de centimètres, hormis du liquide céphalorachidien».

     

    Dans cette situation, les informations transmises d’un hémisphère à l’autre ne sont plus «assurées par les projections neuronales du corps calleux». Pourtant, «25 % des personnes atteintes par cette malformation n’ont aucun signe apparent, 50 % ont des quotients intellectuels moyens et des difficultés d’apprentissage, et les 25 % restant souffrent de troubles cognitifs prononcés».

     

    Selon la littérature scientifique «en l’absence de corps calleux, certaines fibres destinées à servir de pont entre les hémisphères, appelées fibres de Probst, contournent la zone cérébrale absente et se recourbent à l’intérieur de chacun des hémisphères». Comme «les zones de repli varient totalement d’un individu à l’autre» et qu'on «ne connaît ni leurs rôles ni leurs fonctions», pour comprendre cette variabilité et examiner le rôle de ces fibres, cette étude a observé «par imagerie cérébrale IRM les liens anatomiques et fonctionnels entre les structures cérébrales d’une vingtaine d’enfants australien-nes de 8 à 17 ans souffrant d’agénésie du corps calleux».

     

    En premier lieu, l'observation des relations physiques entre les différentes régions du cerveau montre que «chez les enfants souffrant d’agénésie du corps calleux, les fibres neuronales présentes à l’intérieur de chaque hémisphère sont plus nombreuses et de meilleure qualité que dans des cerveaux sains». En outre, «les corrélations entre l’activité des différentes régions du cerveau, donc leurs liens fonctionnels» ont pu être déterminées.

     

    Concrètement, «si deux régions s’activent ensemble, cela signifie qu’elles communiquent entre elles». Ainsi, les données ont fait apparaître «que les connectivités fonctionnelles intra- et interhémisphériques des cerveaux sans corps calleux sont comparables à celles des cerveaux sains», de sorte que «la communication entre les deux hémisphères est préservée». L'étude en déduit «que des mécanismes de plasticité, tels que le renforcement des liens structurels à l’intérieur de chaque hémisphère, ont compensé l’absence de fibres neuronales entre les hémisphères».

     

    Enfin, l'étude a mis en évidence «une corrélation entre l’augmentation des connexions intra hémisphériques et les compétences cognitives». Comme actuellement l’agénésie est «détectée par échographie lors de la grossesse, une proposition d’interruption de grossesse est souvent formulée». Cependant, à partir des observations de cette étude, «dans un avenir proche», en utilisant l’imagerie IRM on devrait pouvoir «prédire si la malformation observée par échographie a des risques d’association avec une déficience cognitive ou pas» afin de «mieux informer les futurs parents».

     

     


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