• Neurologie: le décryptage d'un mécanisme menant à la désynchronisation des réseaux neuronaux liée à la schizophrénie a permis de corriger ce défaut dans un modèle animal! ____¤201809

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Restoring wild-type-like CA1 network dynamics and behavior during adulthood in a mouse model of schizophrenia» ont été publiés dans la revue Nature Neuroscience, est non seulement parvenus à décrypter un mécanisme cellulaire menant à la désynchronisation des réseaux neuronaux reliée à la schizophrénie, mais aussi à corriger ce défaut d’organisation dans un modèle animal adulte, supprimant ainsi des comportements anormaux associés à cette maladie.

     

    Rappelons tout d'abord que «la schizophrénie est un trouble psychiatrique souvent sévère et invalidant qui affecte environ 1% de la population mondiale». Cette maladie, «dont les manifestations cliniques peuvent différer d’un patient à l’autre», se caractérise «par de nombreux symptômes cognitifs et comportementaux, notamment des hallucinations visuelles ou auditives, des problèmes de mémoire et de planification ou encore une hyperactivité».

     

    Les recherches suggèrent, depuis quelques années, «qu’une désynchronisation des neurones pourrait être la cause des symptômes neuropsychiques dont souffrent les patients (troubles de la mémoire, hyperactivité ou encore phénomènes hallucinatoires)», mais «l’origine cellulaire d’une telle désynchronisation demeure mal connue».

     

    Néanmoins, il a été signalé «que certaines mutations génétiques en augmentent fortement le risque»: «par exemple, dans le syndrome de DiGeorge, les personnes affectées ont 40 fois plus de risque de développer des troubles schizophréniques que la population générale» (en fait, cette anomalie génétique humaine, «appelée aussi syndrome de la délétion 22q11», est «marquée par l’absence d’une trentaine de gènes sur l’une des deux copies du chromosome 22»).

     

    Dans ce contexte, l'étude ici présentée s'est focalisée sur «les réseaux de neurones de l’hippocampe, une structure cérébrale impliquée notamment dans la mémoire» en faisant appel à «un modèle murin qui reproduit l’altération génétique du syndrome de DiGeorge ainsi que des changements comportementaux associés à la schizophrénie».

     

    Plus précisément, alors que, dans l’hippocampe d’une souris contrôle, «les milliers de neurones qui composent le réseau se coordonnent selon une séquence d’activité très précise, dynamique dans le temps et synchronisée», dans les réseaux neuronaux de la souris modèle, les neurones présentent «le même niveau d’activité que dans des animaux contrôles, mais sans aucune coordination, comme si ces cellules étaient incapables de communiquer correctement entre elles».

     

    En réalité, «l'organisation et la synchronisation des réseaux neuronaux se fait grâce à l’intervention de sous-populations de neurones inhibiteurs, notamment les neurones à parvalbumine», mais dans le modèle animal de la schizophrénie, «ces neurones sont beaucoup moins actifs», car, «sans une inhibition correcte qui permet de contrôler et de structurer l’activité électrique des autres neurones du réseau», l’anarchie règne en maître.

     

    En vue de rétablir «la synchronisation nécessaire au bon fonctionnement des réseaux neuronaux», l'étude a spécifiquement ciblé «les neurones à parvalbumine de l’hippocampe». Ainsi, en stimulant ces neurones inhibiteurs dysfonctionnels, «l’organisation séquentielle et le fonctionnement normal des réseaux neuronaux» ont été restaurés, avec, pour conséquence, la correction «des anomalies comportementales de ces souris modèles de schizophrénie, supprimant leur défaut d’hyperactivité et leur déficit de mémoire».

     

    Au bout du compte, «ces résultats très positifs suggèrent qu’une intervention thérapeutique est possible, y compris à l’âge adulte», ce qui est essentiel, car la schizophrénie se déclare «à la fin de l’adolescence, même si les altérations sont très probablement présentes dès le stade neurodéveloppemental».

     
    Comme les traitements actuels de la schizophrénie, qui «sont essentiellement basés sur l’administration d’antipsychotiques ciblant les systèmes dopaminergiques et sérotoninergiques», ont des effets sur les symptômes hallucinatoires mais restent «moins efficaces pour améliorer de nombreux symptômes notamment cognitifs», une approche «visant à pallier le défaut des neurones à parvalbumine pour augmenter leur effet inhibiteur» apparaît de ce fait une piste prometteuse.

     

     


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