• Neurologie: les liens génétiques entre les troubles alimentaires, les maladies mentales et la régulation du poids corporel ont été mis en lumière!____¤202103

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «One size does not fit all. Genomics differentiates among anorexia nervosa, bulimia nervosa, and binge‐eating disorder» ont été publiés dans la revue International Journal of Eating Disorders, a permis, en étudiant les génomes de plus de 20000 personnes, de mettre en lumière les liens génétiques entre les troubles alimentaires, les maladies mentales et la régulation du poids corporel.

     

    Relevons tout d'abord que «l'anorexie mentale, la boulimie et les accès hyperphagiques sont les trois principaux troubles alimentaires touchant 4 personnes sur 10 en Europe occidentale à un moment ou à un autre de leur vie». Ces dernières années, plusieurs études «sur les bases génétiques de l’anorexie mentale ont mis en évidence l’existence de marqueurs prédisposant à ces maladies, qui semblent partager un profil génétique commun avec d’autres troubles psychiatriques»: elles ont détecté «une association génétique entre un risque élevé d’anorexie mentale et un faible risque d’obésité», mais il restait à explorer les liens éventuels avec «les deux autres grands troubles alimentaires : la boulimie et les accès hyperphagiques».

     

    Dans ce contexte, l'étude ici présentée, dont le but était «de comprendre le rôle des gènes régissant le poids corporel pour ces différents troubles, leurs similitudes et leurs différences» a «analysé le génome de plus de 20000 personnes», des données qui «proviennent de deux grandes études populationnelles menées au Royaume-Uni: la UK Biobank et la Avon Longitudinal Study of Parents and Children».

     

    Concrètement, l'accès à «l’ADN des volontaires, à leurs données de santé de base (poids, âge, etc.) et à leurs réponses à des questionnaires de santé traitant notamment d’éventuels troubles psychiatriques et de l’historique de leurs troubles alimentaires» a permis d’effectuer des «analyses plurifactorielles et de calculer plus de 250 scores polygéniques pour chaque personne», chaque score polygénique faisant l’addition des gènes impliqués dans un trait spécifique, comme la dépression, par exemple».

     

    Au total, «les scores polygéniques pour des troubles psychiatriques, tels que la schizophrénie ou les troubles obsessionnels compulsifs, et les traits métaboliques et physiques, notamment la sensibilité à l’insuline, l’obésité et un IMC élevé» ont été calculés» sachant que «plus le score est élevé, plus le risque génétique de développer une maladie donnée est important».

     

    Ensuite, l'étude a «examiné les associations entre les scores polygéniques de ces volontaires (soit la responsabilité génétique des troubles psychiatriques et des traits métaboliques et physiques) et les troubles alimentaires)». Au bout du compte, il est apparu «que s’il existe de grandes similitudes génétiques entre l’anorexie mentale, la boulimie et les accès hyperphagiques, il y a aussi des différences notables».

     

    Plus précisément, «les similitudes résident dans l’association avec les risques psychiatriques: l’anorexie mentale, la boulimie et les accès hyperphagiques partagent un risque génétique avec certains troubles psychiatriques, en particulier la schizophrénie et la dépression, confirmant la forte composante psychiatrique de ces maladies», tandis que «la grande différence concerne les bases génétiques de la régulation du poids corporel, en totale opposition entre l’anorexie d’une part, et la boulimie et les accès hyperphagiques d’autre part, ces derniers étant liés à un fort risque génétique d’obésité et d’IMC élevé».

     

    De la sorte, «une prédisposition génétique à un poids élevé par rapport à un poids faible» peut «constituer un facteur déterminant qui pousse les individus présentant un risque génétique psychiatrique similaire à des troubles alimentaires différents»: ainsi, la composante métabolique et physique orienterait «l’individu soit vers l’anorexie nerveuse, soit vers la boulimie ou les accès hyperphagiques».

     

    En dernier lieu, cette étude «confirme une relation génétique claire entre les accès hyperphagiques et le trouble de déficit de l’attention/hyperactivité (TDAH), déjà observé cliniquement, et qui pourrait être liée à une plus grande impulsivité».

     

     


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