• Neurologie: une technique, capable de prédire les périodes des crises d’épilepsie un à plusieurs jours à l’avance, a été mise au point!____¤202012

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Forecasting seizure risk in adults with focal epilepsy: a development and validation study» ont été publiés dans la revue Lancet Neurology, a permis de mettre au point une technique capable de prédire les périodes des crises d’épilepsie un à plusieurs jours à l’avance.

     

    Relevons tout d'abord qu'un «cerveau épileptique peut passer brutalement d’un état physiologique à un état pathologique, caractérisé par une perturbation de l’activité neuronale pouvant provoquer, entre autres, des convulsions caractéristiques d’une crise d’épilepsie». Comment et pourquoi cette transition se produit reste mal compris. De ce fait, la survenue des crises s'avère «difficile, voire impossible, à prédire»: ainsi, les crises, dont la fréquence varie, selon les individus, «d’une fois par année à une fois par jour», ne semblent pas «être précédées de signe annonciateur évident qui aideraient leur prédiction».

     

    Cette imprédictibilité fait planer sur les patients «une menace permanente obligeant une prise de médicaments journalière et prohibant, dans bien des cas, la conduite et la pratique de certaines activité sportives». Les traitements existants, qui «font appel à des médicaments aux nombreux effets secondaires potentiels pour réduire l’excitabilité neuronale, et parfois à la neurochirurgie pour enlever le foyer épileptique, c’est à dire le point de départ des crises dans le cerveau», sont souvent lourds. De plus, «un tiers des personnes atteintes d’épilepsie sont résistantes aux traitements contre cette maladie neurologique qui touche 1 % de la population».

     

    Dans ce contexte, l'étude ici présentée a analysé l'activité épileptique «mesurable en se basant sur les données d’activité électrique cérébrale enregistrées par électroencéphalographie» en se focalisant sur les décharges interictales, c’est-à-dire les décharges évanescentes «apparaissant entre les crises, sans pour autant les provoquer directement»: comme «les crises d’épilepsie reviennent en groupe et de manière cyclique», l'étude a voulu voir «si les décharges intérictales peuvent expliquer ces cycles et prédire l’apparition d’une crise».

     

    Il est apparu à l'examen de «données d’activité neuronale récoltées sur plusieurs années grâce à des appareils implantés à long-terme dans le cerveau de patient-es avec épilepsie» que des cycles existaient bien «dans l’activité épileptique cérébrale». L'analyse statistique, qui a alors été menée, a mis en évidence «un phénomène dit d’ 'état pro-ictal', soit un état ou la probabilité d’apparition d’une crise est élevée».

     

    À l'instar «des perturbations météorologiques, il y a plusieurs échelles temporelles dans l’activité cérébrale épileptique». Concrètement, «l'activité électrique du cerveau est le reflet de l’activité cellulaire de ses neurones, plus précisément leurs potentiels d’action, signaux électriques se propageant le long du réseau neuronal pour transmettre des informations». Les potentiels d’action étant bien connus, «leur probabilité d’apparition est modélisable par des lois mathématiques». L'étude a donc adapté «ces modèles mathématiques aux décharges épileptiques pour savoir s’ils étaient annonciateurs ou inhibiteurs d’une crise».

     

    Pour ce faire et «gagner en fiabilité de prévision, des enregistrements d’activité cérébrale sur de très longues périodes ont été nécessaires». De la sorte, «des fronts à haute probabilité de crise qui perdurent sur plusieurs jours ont pu être déterminés pour une majorité de patient-es, permettant de prédire chez certains les crises plusieurs jours à l’avance».

     

    Au bout du compte, «avec des données d’activité cérébrale récoltées sur des périodes d’au moins six mois, la prévision des crises s’avère informative pour deux tiers des patients». Comme l'approche analytique «est suffisamment 'légère' pour permettre la transmission des données en temps réel sur un serveur ou directement sur un microprocesseur avec un appareillage suffisamment petit pour être implanté dans la boîte crânienne», il est envisagé de produire un «appareil portatif destiné aux patient-es pour une meilleure gestion de leur épilepsie».

     

     


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