• Paléontologie: des fossiles montrent qu'il y a au moins 480 millions d'années, à l'Ordovicien, les trilobites avaient déjà des comportements collectifs! ____¤201910

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Collective behaviour in 480-million-year-old trilobite arthropods from Morocco» sont publiés dans la revue Scientific Reports, révèle que des fossiles de trilobites montrent qu'il y a au moins 480 millions d'années, à l'Ordovicien, les trilobites avaient déjà des comportements collectifs.

     

    Rappelons tout d'abord que les trilobites, qui sont dearthropodes exclusivement marins apparus «au Cambrien inférieur, il y a environ 525 millions d'années», ont disparu «lors de l'extinction massive du Permien-Trias, il y a 252 millions d'années» (crise PT). La très grande majorité des trilobites vivait «sur le fond des mers où il semble bien qu'ils se nourrissaient de petits invertébrés benthiques tels que des vers tout en se reproduisant en pondant des œufs».

     

    Leurs fossiles prouvent qu'ils «étaient très diversifiés», puisque, à ce jour, «plus de 18750 espèces sont connues dont les tailles variaient 1 millimètre et environ 70 cm». De ce fait, comme ils occupaient toutes les mers du Paléozoïque et évoluaient rapidement, ils sont «d'excellents marqueurs stratigraphiques permettant de dater précisément des dépôts sédimentaires»

     

    Au Maroc, on en trouve en abondance dans «la vallée du Drâa, à une vingtaine de kilomètres au Nord de Zagora, où «plusieurs sites de la Formation géologique dite des Fezouata» ont «livré des fossiles de l'Ordovicien inférieur, c'est-à-dire datant d'environ 480 millions d'années».

     

    Ces dépôts sont les seuls au monde «à avoir livré des faunes marines datant de l'Ordovicien» qui ont préservé des empreintes des parties molles. Cette particularité est expliquée «par le fait que les organismes se trouvaient à une profondeur de 50 à 150 mètres, dans une zone de transition du fond marin», appelée «la base des ondes de tempête», dans laquelle se produisent «des enfouissements rapides des organismes benthiques», piégeant beaucoup d'animaux et assurant ainsi «leur conservation dans des sédiments fins».

     

    Dans ce contexte, l'étude ici présentée décrit de remarquables «fossiles de trilobites marocains appelés Ampyx priscus retrouvés dans des couches sédimentaires» de la Formation des Fezouata «âgées d'environ 480 millions d'années»: concrètement, «les individus fossilisés retrouvés sont tous orientés vers une même direction, formant des files régulières, maintenant entre eux des contacts étroits via leurs très longues épines».

     

    Cette observation fait «penser à un comportement similaire déjà observé chez les langoustes modernes pour la première fois, en 1969», qui «a fait l'objet de l'un des documentaires de Jacques Yves Cousteau: la migration des langoustes». L'hypothèse pour rendre compte de ce comportement «des langoustes d'Amérique du Nord», est «qu'il s'agit d'une stratégie évolutive pour améliorer les chances de survie et de reproduction en réponse à des perturbations dans l'environnement».

     

    Par analogie, cette étude aboutit, pour le moins, à la conclusion «que les groupes d'individus d'Ampyx, ensevelis vivants par des dépôts lors de tempêtes, exhibent un comportement collectif et que c'est le plus ancien dont nous ayons trace à ce jour dans le monde animal».

     

     


    Tags Tags : , , , , , , , , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :