• Paléontologie: du plancton fossile malformé, vieux de 415 millions d’années, révèle qu'une pollution par métaux lourds aurait contribué à certaines grandes extinctions!____¤201508

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Metal-induced malformations in early Palaeozoic plankton are harbingers of mass extinction» ont été publiés dans la revue Nature Communications, a permis de révéler, en analysant du plancton fossile malformé vieux de 415 millions d’années, une forme de pollution par métaux lourds qui pourrait avoir contribué à certains des plus grands évènements d'extinction dans l’histoire de la Terre.


    Soulignons tout d'abord que «les effets tératologiques de la pollution aux métaux lourds sur le plancton actuel sont bien établis»: en effet, «ces toxines provoquent des anomalies morphologiques chez les organismes aquatiques et la présence d’individus malformés sert habituellement d’outil pour détecter une contamination».

     

    Dans cette étude, la présence élevée, dans des couches sédimentaires datant de l’Ordovicien-Silurien et correspondant aux étapes initiales des événements d’extinction», de phytoplanctons et de zooplanctons fossiles malformés, dits tératologiques, a été relevée «dans de nombreux dépôts, aussi bien en Suède, qu’au Canada ou en Libye».

     

    Afin d'en savoir plus sur les origines de ces malformations, «les concentrations en métaux dans certains des spécimens fossiles ainsi que dans les roches qui les entourent, pour un des événements du Silurien», ont été mesurées.

     

    Il est alors apparu «que ce plancton ancien contient des niveaux élevés de métaux lourds, tels que le fer, le plomb et l'arsenic». Ces abondances «dans les fossiles et dans les roches, combinées avec la forte présence de formes tératologiques» suggèrent donc «que les métaux ont été absorbés par les organismes lorsqu’ils étaient vivants et se sont en même temps déposés dans les sédiments alentour».

     

    Du fait qu'un empoisonnement par métaux lourds semble «être la cause des malformations observées dans le microplancton», les corrélations récurrentes «entre l’apparition de ces organismes malformés et les événements d'extinction durant les périodes de l’Ordovicien et du Silurien» laissent penser «que la contamination par des métaux toxiques est un facteur, jusqu’ici insoupçonné, ayant contribué aux phénomènes d'extinction dans les océans anciens».



    Comme des «changements observés dans les rapports isotopiques pour le carbone, l'oxygène et le soufre suggèrent qu’aux mêmes périodes la concentration en oxygène diminue dans les couches profondes de l'océan», un scenario explicatif se dessine: «l’anoxie des eaux favorisant la solubilité de certains éléments et entrainant des changements dans les cycles chimiques, les concentrations en métaux y augmentent» de sorte que ces eaux profondes pauvres en oxygène et riches en métaux, en remontant ensuite à la surface, «se mélangent aux eaux du plateau continental qui accueillent un écosystème très riche, entrainant l’extinction de nombreuses espèces et une pollution des sédiments».

     

    La toxicité due aux métaux apparaît ainsi comme le 'chaînon manquant' «qui relie les extinctions en masse des organismes marins à l’anoxie généralisée de l'océan profond». Il en résulte que «l'existence des fossiles de plancton malformé, indicateurs de cette pollution métallique» pourrait «fournir un nouvel outil pour identifier les phases précoces de ces crises catastrophiques dans les archives géologiques».

     

     

     


    Tags Tags : , , , , , , , , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :