• Paléontologie: l'ADN mitochondrial de 123 fossiles d'ours des cavernes amène à conclure que la présence humaine a accéléré le déclin de cette espèce qui vivait en Europe!____¤201908

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Large-scale mitogenomic analysis of the phylogeography of the Late Pleistocene cave bear» ont été publiés dans la revue Scientific Reports, laisse penser, en se basant sur l'ADN mitochondrial de 123 fossiles que la présence humaine a accéléré le déclin des ours des cavernes, car la diminution de la population de ce géant herbivore coïncide avec l'apparition de l'Homme moderne en Europe, il y a 40 000 à 35 000 ans.

     

    Notons tout d'abord que «l'ours des cavernes était un véritable colosse pouvant atteindre jusqu’à 3 mètres 50 de hauteur, quand il se redressait, et pesait jusqu'à 500 kilos». Ce géant poilu, «au crâne en forme de dôme», dont l'empire «s'étendait du sud de l'Angleterre aux monts du Caucase, a , en fait, «occupé une bonne partie de l'actuelle Europe, entre 450 000 ans et 25 000 ans avant aujourd'hui» en résistant «aux périodes glaciaires, aux lions des cavernes (son alter ego en puissance et en carrure), à l'Homme de Néandertal».

     

    Pour sa part, cette étude a procédé à la reconstitution de «l'histoire des populations d'Ursus spelaeus, le nom scientifique de l'ours des cavernes, à travers l'Europe ces 50 000 dernières années» en analysant «de l'ADN mitochondrial, un matériel génétique transmis uniquement par les femelles, prélevé sur des fossiles», qui «proviennent de 14 sites répartis sur sept pays européens: France, Allemagne, Espagne, Serbie, Suisse, Pologne et Italie». Ces fossiles se répartissent dans le temps de 108 000 à 23 000 ans avant le présent («AP, année de référence 1950»).

     

    Il est apparu que, bien que «l'Europe a connu deux périodes de glaciations», et alors que «les populations d'ours des cavernes sont restées stables» avant 50 000 ans AP», essentiellement «deux périodes ont principalement marqué leur déclin, la première à 50 000 ans AP et la seconde, plus importante, autour de 35 000 ans AP».

     

    Pour l'étude, «l'Homme serait bel et bien le facteur majeur de la disparition de ce mammifère préhistorique, qui a régné pendant plus de 400 000 ans», car comme «les ours des cavernes ont une longue histoire adaptative aux conditions glaciaires», les changements climatiques «ne peuvent expliquer à eux seuls leur disparition».

     

    Par contre, «l'expansion de l’Homme moderne à travers l'Europe vers 35 000 ans AP arrive au même moment que leur plus fort déclin». Cet impact humain peut résulter «de la chasse pour la nourriture et la fourrure» et de «l'utilisation des grottes que les ours occupaient pour l'hibernation et la mise base des petits»: d'ailleurs, «de plus en plus de sites livrent des ossements d'ours des cavernes avec des traces de découpe qui indiquent un dépeçage des carcasses».

     

     

     


    Tags Tags : , , , , , , , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :