• Paléontologie: la découverte, dans un bloc de grès, de 215 œufs de ptérosaures d'un coup a permis d'en apprendre beaucoup plus sur les premiers stades de la vie de ces reptiles!____¤201712

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Egg accumulation with 3D embryos provides insight into the life history of a pterosaur» ont été publiés dans la revue Science, a permis, grâce à la découverte d'un coup de 215 œufs de ptérosaures, d'en apprendre beaucoup plus sur les premiers stades de la vie de ces reptiles.

     

    Rappelons tout d'abord que «du Trias supérieur à la fin du Crétacé supérieur (de - 230 millions à - 66 millions d’années), le danger ne venait pas que des dinosaures», puisqu'il pouvait également «fondre du ciel, dominé par les ptérosaures, des reptiles volants dont l’envergure pouvait atteindre 11 mètres». Cet ordre disparu, dont les nombreux fossiles ont été retrouvés partout dans le monde, se caractérisait «par un quatrième doigt des pattes antérieures très allongé, où étaient fixées leurs grandes ailes membraneuses».

     

    Comme, jusqu'ici, «on connaissait très mal les premiers stades de la vie de ces reptiles», puisque «moins d’une dizaine d’œufs avaient été retrouvés en Argentine et en Chine», la découverte de ces «215 œufs de ptérosaures d'un coup, de l’espèce Hamipterus tianshanensis, pris dans un bloc de grès» est très précieuse.

     

    La quantité exceptionnelle de ces œufs et leur différence de taille laissent penser qu'ils «ont été pondus par différentes femelles sur un même site» et, en conséquence, que les ptérosaures avaient «un comportement grégaire, au moins en ce qui concerne la ponte» (ce comportement se retrouve par exemple «chez les tortues luth qui pondent toutes au même endroit, en Guyane»).

     

    Cependant, «l'aspect désordonné et l’accumulation des œufs indiquent qu’ils ont été transportés»: cette hypothèse est soutenue par le fait que «l'analyse de la composition et de la structure de la roche dans laquelle étaient pris les œufs» suggère «qu’un événement violent tel un orage a pu s’abattre sur la zone et provoquer le déplacement des œufs qui se sont accumulés avant d’être ensevelis».

     

    Ces œufs fossilisés trahissent que leur «coquille était souple, à la façon des œufs des lézards modernes, dénués de coquille rigide de carbonate de calcium», car ils «présentent des plis et des déformations». Du fait que de tels œufs «doivent être déposés dans un substrat humide pour ne pas sécher», ils devaient, au départ, être «enterrés dans le sol ou cachés sous une pile de végétaux».

     

    Comme «pas moins de 16 œufs contenaient des restes d’embryons», une reconstruction tridimensionnelle des os a été effectuée. Elle était nécessaire car «aucun embryon n’est complet», le mieux préservé contenant «une aile partielle, des os du crâne et la mâchoire inférieure».

     

    Il est alors apparu «que les os des ailes étaient moins développés que les fémurs», ce qui «suggère qu’au moment de l’éclosion, les ptérosaures étaient probablement capables de se déplacer au sol mais pas de voler». D'autre part, les mâchoires des embryons étant dénuées de dents, l'animal nouveau-né ne pouvait «probablement pas se nourrir seul, ce qui impliquerait une présence parentale».

     

    Néanmoins, pour le moment, il est «trop tôt pour conclure» en ce qui concerne le développement de la dentition des ptérosaures juvéniles, quand on sait que «les dents des crocodiles poussent dans les derniers stades de croissance de l’embryon» et qu'il «est difficile de savoir si les embryons retrouvés étaient quasiment à terme ou beaucoup plus jeunes».

     

     


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