• Paléontologie: la réorganisation à l'échelle globale des récifs carbonatés, à la suite de la crise de la fin du Dévonien, a été mise en évidence!____¤201701

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Global microbial carbonate proliferation after the end-Devonian mass extinction: Mainly controlled by demise of skeletal bioconstructors» ont été publiés dans la revue Scientific Reports, a permis de mettre en évidence la réorganisation à l'échelle globale des récifs carbonatés à la suite de la crise de la fin du Dévonien, événement dit 'Hangenberg'.

     

    Rappelons tout d'abord que «depuis l'apparition des organismes multi-cellulaires il y a 540 millions d'années, la vie sur Terre a été frappée par 5 grandes extinctions de masse». Parmi celles-ci, l'extinction de la fin du Dévonien (- 360 millions d'années), «moins populaire que l'extinction qui a marqué la fin du Crétacé et des dinosaures», a tout de même «rayé de la surface de notre planète 75 % des espèces vivantes».

     

    Ainsi, alors qu'au Dévonien, «les récifs étaient florissants et constitués de bio-constructeurs squelettiques tels que les coraux ou les éponges», il y a 360 millions d’années, ils ont brutalement disparu après l’événement 'Hangenberg', «pour céder la place à d’autres producteurs de carbonates, les stromatolites». Pour sa part, cette recherche s'est focalisée sur des stromatolites, «des tapis microbiens producteurs de carbonates, dans le nord-ouest de la Chine au Qianheishan, étudiés «depuis quelques années».

     

    Ces stromatolites, «formés dans des environnements marins confinés», sont datés «du tout début du Carbonifère (359-299 millions d’années), juste après l’extinction de masse». Ils prennent la suite «des bio-constructeurs squelettiques du Dévonien, les stromatoporidés (éponges) et les coraux», qui «ont subi de plein fouet l’extinction». S'il était «généralement admis que, profitant de cette extinction», les carbonates microbiens ont pu revenir sur le devant de la scène, comme l'attestent les stromatolites de Qianheishan, «l'ampleur et la signification de cette prolifération des carbonates microbiens à la base du Carbonifère restaient néanmoins inconnues».

     

    L'étude ici présentée a analysé «la distribution et la composition des récifs et bio-constructions sur un intervalle de 20 millions d’années, centré sur l’extinction de masse» et «construit une base de données qui montre sans équivoque que la prolifération des carbonates microbiens juste après l’extinction est un phénomène global»: plus précisément, «juste avant la crise, les carbonates microbiens sont extrêmement rares dans les associations récifales, et les récifs sont quasiment exclusivement formés de bio-constructeurs squelettiques» tandis que, juste après la crise, «les carbonates microbiens dominent largement les récifs» et «les bio-constructeurs squelettiques, quand il en reste, sont réduits à de simples locataires».

     

    Par comparaison avec les autres crises de même ampleur, il apparaît que «ce phénomène de prolifération de carbonates microbiens aux dépens des bio-constructeurs squelettiques» se retrouve pour certaines extinctions puisque «la plus grande des extinctions, celle de la fin du Permien (- 251 millions d’années) et celle du Frasnien terminal (- 375 millions d’années) montrent les mêmes caractéristiques».

     

    Cependant, du fait que, dans le cas des extinctions de la fin de l’Ordovicien (- 444 millions d’années) et du Trias (- 200 millions d’années), «les bio-constructions à constructeurs squelettiques restent bien présentes, bien que les récifs formés par des carbonates microbiens soient abondants après les extinctions elles-mêmes» et que, par ailleurs, «aucune bio-construction microbienne n’a été observée dans le contexte de l‘extinction fin-Crétacé (- 65 millions d’années)», ce phénomène ne peut «pas être généralisé à l’ensemble des extinctions».

     

    Il découle donc de cette étude que «le remplacement des bio-constructions à constructeurs par des bio-constructions microbiennes» constitue «probablement un indicateur important des causes individuelles de chaque extinction de masse, qu’il s’agit à présent de déchiffrer».

     

     


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