• Paléontologie: le séquençage du génome mitochondrial complet d'un spécimen, vieux d'environ 12 000 ans, montre que les glyptodons correspondent à une lignée éteinte de tatous!____¤201602

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «The phylogenetic affinities of the extinct glyptodonts» ont été publiés dans la revue Current Biology, a permis de déterminer, grâce au séquençage du génome mitochondrial complet d'un spécimen vieux d'environ 12 000 ans, que les glyptodons correspondent à une lignée éteinte de tatous ayant subi une spectaculaire augmentation de taille depuis leur apparition il y a 35 millions d'années.

     

    Indiquons tout d'abord que, jusqu'à la dernière glaciation, l'Amérique du Sud était parcourue par des créatures impressionnantes comme «le mégathérium, un paresseux de la taille d'un éléphant» et diverses espèces de glyptodons qui «se classent dans le super-ordre des xénarthres dans lequel on retrouve les tatous, mais également les paresseux et les fourmiliers».

     

    Néanmoins, «si les tatous et les glyptodons se distinguent de tous les autres mammifères par leur carapace, ces premiers possèdent une carapace à bandes mobiles tandis que celle de leurs cousins préhistoriques était composée d'un seul bloc». Ce point et plusieurs autres différences morphologiques ont «contribué à ce que les glyptodons soient longtemps considérés comme un groupe distinct, constituant le groupe frère des tatous au sein des xénarthres».

     

    Cependant, du fait que cette interprétation traditionnelle «a été récemment remise en cause par une étude des caractères crâniens et dentaires qui a classé les glyptodons à l'intérieur des tatous», en vue de résoudre ce problème, l'étude ici présentée a analysé «l'ADN présent dans un fragment de carapace attribué à un Doedicurus vieux de 12 000 ans», une espèce pourvue d'une queue «en forme de massue équipée de pointes» qui «se range parmi les plus gros glyptodons, avec une masse corporelle estimée à 1,5 tonne».

     

    Comme le séquençage de l'ADN ancien soulève de nombreuses difficultés, «d'abord parce que celui-ci se fragmente sous l'action du temps et de l'humidité» et qu'il «faut également parvenir à séparer les brins d'ADN endogène, propre à cette espèce, des nombreuses contaminations environnementales», il s'avère essentiel de disposer de sondes ARN «capables de reconnaître le matériel génétique de l'espèce ciblée, une tâche compliquée quand le génome d'une espèce proche n'est pas connu».

     

    Pour contourner cette difficulté, des séquences ancestrales plausibles ont été modélisées par ordinateur «à l'aide de génomes mitochondriaux de xénarthres modernes (tatous, fourmiliers et paresseux)». Ce sont ces séquences bio-informatiques qui ont permis de synthétiser des sondes ARN efficaces «pour isoler des dizaines de milliers de fragments d'ADN de glyptodon».

     

    Le regroupement de ces fragments a alors «rendu possible la reconstruction du génome mitochondrial quasiment complet de cette espèce éteinte». Puis, les analyses phylogénétiques ont «placé sans ambiguïté» les glyptodons, «au sein même des tatous», comme une lignée distincte dont les derniers représentants «se sont éteints il y a seulement 10 000 ans à la fin de la dernière glaciation».

     

     


    Tags Tags : , , , , , , , , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :