• Paléontologie: un mammifère herbivore étrange dont le fossile incroyablement bien conservé a été retrouvé à Madagascar, fournit un bel exemple d'évolution insulaire! ____¤202005

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Skeleton of a Cretaceous mammal from Madagascar reflects long-term insularity» ont été publiés dans la revue Nature, a permis décrire un mammifère herbivore étrange dont le fossile incroyablement bien conservé, qui a été retrouvé à Madagascar, «offre un bel exemple d'évolution insulaire».

     

    Cet animal «de 52 centimètres pour environ 3 kilos», baptisé Adalatherium et surnommé 'la bête folle ' («traduction de Adalatherium en malgache»), qui vivait il y a 66 millions d'années (Crétacé), avait l'aspect «d'un blaireau ou d'un castor au long torse et à la queue tronquée».

     

    L'étude ici présentée classe Adalatherium «dans le groupe aujourd'hui éteint des gondwanathériens (*) (qui tient son nom de l'ancien supercontinent Gondwana)». Ce groupe, «dont plusieurs spécimens (ou du moins leurs dents et des fragments de mâchoires) ont été retrouvés en divers endroits de l'hémisphère sud», est mal connu: en fait, «les gondwanatheriens ont d'abord été considérés comme liés aux paresseux, aux fourmiliers et aux tatous des temps modernes», mais, maintenant, on sait «qu'ils ont fait partie d'une grande expérience évolutive propre, une expérience qui a échoué et a été étouffée dans l'Éocène, il y a 45 millions d'années ».

     

    Dans ce contexte, alors que «chez les mammifères, les dents sont le reflet de leur ascendance, de leur régime alimentaire et de leur environnement», la morphologie dentaire d'Adalatherium «est tellement particulière qu'il est difficile d'utiliser ces caractéristiques pour établir des relations familiales»: cette situation pourrait découler de l'isolement de Madagascar. Plus précisément, «pendant plusieurs millions d'années, l'île a dérivé, de l'Inde vers l'Afrique, permettant aux animaux qui la peuplaient d'évoluer distinctement de leurs cousins» en raison notamment «de sources d'alimentation, de prédateurs et de parasites différents».

     

    En dehors du fait «que la plupart des mammifères mésozoïques étaient plutôt de la taille d'une souris», c'est-à-dire «100 fois plus petits qu'Adalatherium», c'est «la démarche d'Adalatherium qui étonne», car «le petit mammifère se serait appuyé sur des pattes arrière s'étendant loin de son corps, à l'image de ce que font les reptiles» tandis que ses pattes avant «étaient bien situées sous son corps, comme chez la plupart des autres mammifères». En marchant, la colonne vertébrale d'Adalatherium se serait courbée, «comme c'est le cas chez les reptiles», son corps allongé «présentant plus de vertèbres que tout autre mammifère mésozoïque».

     

    Par ailleurs, l'étude indique «que ses muscles du dos et des pattes postérieures puissantes ainsi que ses longues griffes lui permettaient de creuser des terriers» et souligne que son visage présentait des caractéristiques étonnantes: «de nombreux trous permettant le passage de nerfs y ont été recensés», ce qui devait rendre son «museau particulièrement sensible et couvert de moustaches».

     

     

    Lien externe complémentaire (source Wikipedia)

    (*) Gondwanatheria

     

     


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