• Paléontologie: une nouvelle espèce de mammifère, baptisée Spinolestes xenarthrosus, appartenant à l’ordre des eutriconodontes, a été décrite!____¤201510

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «A Cretaceous eutriconodont and integument evolution in early mammals» ont été publiés dans la revue Nature, a permis de décrire, à partir de restes fossilisés retrouvés dans le gisement de Las Hoyas, une nouvelle espèce de mammifère, baptisée Spinolestes xenarthrosus, appartenant à l’ordre des eutriconodontes, une lignée de mammifères disparus à la fin de l'ère Mésozoïque (- 252,2 à - 66,0 millions d’années) et à la famille des gobiconodontes.

     

    Rappelons tout d'abord que «Las Hoyas est un gisement du Crétacé inférieur (-127 millions d’années) situé en Espagne près de la ville de Cuenca» contenant «une grande diversité de fossiles, emprisonnés dans un ancien environnement marécageux, semblable aux Everglades, en Floride». Fouillé depuis 1986, il a «fourni un grand nombre de fossiles de plantes aquatiques et terrestres, de crustacés, d’insectes, de poissons, mais aussi de crocodiles, de dinosaures et d’oiseaux primitifs»

     

    Spinolestes xenarthrosus, le premier mammifère mis au jour en 2011 dans ce gisement, est «un petit animal d’environ 50 à 70 g et de 25 centimètres de long», caractérisé par «des dents à trois pointes acérées», des vertèbres «du même type que celles des xénarthres», une «crinière tout le long du dos», des «épines similaires à celles du hérisson» et des «pattes fouisseuses» qui suggèrent «un style de vie semblable à celui des tatous modernes, se nourrissant d’insectes et de larves».

     

    C’est grâce aux marécages de Las Hoyas, qui permettent «à la fois un enfouissement et une minéralisation rapide des corps», que «de nombreux morceaux de peau avec des poils et des épines ont été parfaitement conservés», ce qui a indiqué la présence de la «crinière dense de poils longs (3 à 5 mm) de la tête à l’omoplate», des poils longs et fins «sur la région dorsale et sur la majeure partie de la queue» et «de petites épines et quelques écussons dermiques (de petites plaques ovales sans poils, faites de kératine)», le reste du corps étant «couvert par un pelage doux et dense».


    L’analyse microstructurale de portions de pelage a montré que les épines sur la région dorsale «possèdent une surface écailleuse et sont composées de poils primaires et secondaires modifiés, c’est-à-dire plus courts, rigides et en forme de bâtonnet, qui ont fusionné ensemble, un processus similaire à ce que l’on observe chez certains mammifères modernes tels que les hérissons ou les porcs-épics».

     

    Ces observations sur Spinolestes conduisent à la conclusion «que les poils et les épines sont différenciés depuis le Crétacé inférieur». Cependant, «le fait que plusieurs spécimens d’eutriconodontes possèdent bien une fourrure dense mais dépourvue d’épines, fait de Spinolestes une espèce unique en son genre, dont l’évolution s’est faite indépendamment d’espèces à épines comme les hérissons et a abouti à cette surprenante convergence avec les espèces épineuses modernes».

     
    D'autre part, comme le fossile possédait encore «des bronchioles pulmonaires et des restes du foie», l'emplacement du diaphragme de l’animal a pu être délimité constituant la «première preuve fossile que le système respiratoire unique des mammifères était bien fonctionnel dès le Mésozoïque».

     

     

     


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