• Paléontologie: une nouvelle espèce de singe ancestral, dont les restes fossilisés ont été retrouvés en Catalogne, modifie le portrait de l’ancêtre commun des singes sans queue!____¤201511

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Miocene small-bodied ape from Eurasia sheds light on hominoid evolution» ont été publiés dans la revue Science, a permis de décrire, à partir de restes fossilisés extraits en 2011 d'une couche de sédiments du site d’Abocador de Can Mata (Catalogne) datés de 11,6 millions d’années, une nouvelle espèce de singe ancestral, baptisée Pliobates cataloniae, dont la morphologie conduit à revoir le portrait de l’ancêtre commun des singes sans queue.

     

    Rappelons tout d'abord que les hominoïdes appartiennent à un groupe de primates regroupant les singes sans queue» qui s’est divisé, il y à 15 à 20 millions d’années, en deux familles: d'une part, «celle des hylobatidés, des petits singes comme les gibbons ou les siamangs» et, d'autre part, «celle des grands singes, les hominidés contenant les gorilles, les orangs-outans, les chimpanzés et les humains».

     

    Alors que, jusqu'ici, on estimait «que leur dernier ancêtre commun devait être un singe de grande taille et que les gibbons sont probablement issus d’une lignée qui a penché vers le nanisme», l'étude ici présentée remet en question cette vision. En effet, Pliobates cataloniae apparaît comme «un petit singe de 4 à 5 kilos doté d’une mosaïque de caractères primitifs et plus évolués».

     

    Plus précisément, son fossile est composé de 70 pièces osseuses dont «une grande partie du crâne, du bras gauche avec les articulations du coude et du poignet intactes». Comme «le crâne était très fragmenté et les os engoncés les uns dans les autres», ils n'ont pas été séparés mais analysés par imagerie scanner.

     

    Le modèle 3D ainsi reconstitué de la tête «révèle des caractéristiques reliant le plioabate aux gibbons» («petit cerveau, dents pointues et petites, et orbites rapprochés») et aussi «d’autres éléments le rapprochant des grands singes». En fait, ce sont «surtout les os du poignet et du coude qui indiquent une mobilité similaire à celle des grands singes».

     

    Grâce à une analyse phylogénétique détaillée de pliobate portant sur 300 caractères, il a été établi «que ce singe est relié aux deux familles et qu’il représente sans doute un descendant direct du dernier ancêtre commun des hylobatidés et des hominidés qui a vécu quelques millions d’années plus tôt». Il est ainsi apparu que le dernier ancêtre commun des hylobatidés et des grands singes devait probablement être petit et «sans doute d’apparence similaire à celle d’un gibbon».

     

    Indiquons pour finir que deux autres nouvelles espèces de primates, datées de 11,5 à 12,5 millions d’années, ont aussi été découvertes à Abocador, dont le site, il y a 10 à 15 millions d’année, était «recouvert d’une forêt parsemée de nombreux points d’eau et bénéficiait d’un climat chaud et humide», autrement dit «un environnement propice pour les hominoïdes comme le pliobate qui pouvait se déplacer d’arbres en arbres à la recherche de fruits, sa principale source de nourriture».

     

     

     


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