• Phylogénie: l'histoire de la protéine LEAFY, qui gouverne la formation des fleurs, a été retracée!____¤201401

     

    Des travaux, dont les résultats ont été publiés dans la revue Science, ont permis de retracer l'histoire de la protéine LEAFY, qui gouverne la formation des fleurs, mais qui était également présente chez des algues avant même que les plantes conquièrent la terre ferme. Le mécanisme d'évolution, qui lui a donné la capacité de diriger la morphogenèse florale, a pu être révélé grâce à la découverte d'une forme intermédiaire ancestrale de la protéine qui a perduré jusqu'à nos jours chez une espèce apparentée aux mousses.

     

    Les mutations des gènes architectes contribuent à faire évoluer les morphologies des êtres vivants au cours du temps, «voire à créer de nouveaux organismes». Comme «elles peuvent aussi être fatales, si les changements qu’elles induisent sont trop brutaux», l’évolution d’un gène architecte «se fait le plus souvent après sa duplication, un événement de dédoublement du gène où l’une de ses deux copies assure la fonction originale, tandis que l’autre peut évoluer librement».

     

    Dans l'étude, ici présentée, il a été montré «que le gène architecte LEAFY (codant pour la protéine du même nom) a réussi à évoluer sans duplication», puisque ce gène, qui orchestre, chez les plantes à fleurs «la formation du bouton floral et de ses différents organes (sépales, pétales, étamines et pistil)», était déjà présent, avec des propriétés différentes cependant, «chez les végétaux plusieurs centaines de millions d’années avant l’apparition des fleurs», comme «en témoigne la présence de la protéine LEAFY chez des algues et chez les mousses qui sont des végétaux sans fleurs».

     

    Il est apparu que «l’acquisition des propriétés requises pour sa fonction florale s’est faite en douceur via une forme intermédiaire, ayant cumulé les caractéristiques anciennes et nouvelles, celles de l’algue et de la plante à fleur», identifiée «car elle existe toujours chez Nothoceros aenigmatica, une espèce apparentée aux mousses».

     

    Si c’est la première fois qu’un tel mode d’évolution est mis en évidence pour un gène architecte, il est très vraisemblablement «impliqué dans d’autres types de gènes architectes comme ceux responsables du développement des embryons chez les insectes ou les mammifères».

     


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