• Phylogénie: le séquençage du génome du cténaire Mnemiopsis leidyi modifie l’arbre évolutif des métazoaires!____¤201312

     

    Une étude, dont les résultats ont été publiés dans la revue Science, a permis de modifier, grâce au séquençage du génome du cténaire Mnemiopsis leidyi, l’arbre évolutif des métazoaires. Elle révèle ainsi que les éponges au sens large ne sont plus les cousines de tous les animaux et que, durant l’évolution, elles se sont différenciées après les cténaires, en perdant au passage l’usage des cellules nerveuses.

    Comme «durant des décennies, les animaux ont été classés selon le principe de la complexification croissante, soit du plus simple au plus complexe», les spongiaires «formaient la première branche à s’être différenciée de leur arbre évolutif», car «les éponges se distinguent par l’existence d’uniquement deux feuillets embryonnaires, ainsi que par l’absence de cellules musculaires et nerveuses». Ensuite, dans cette classification, venaient les cnidaires et les cténaires, «dotés de ces entités spécialisées», juste avant «les bilatéraliens qui ont notamment trois feuillets embryonnaires».

    Cependant, avec les données moléculaires, il était d'abord apparu que «les éponges ne forment plus un groupe monophylétique, bien qu’elles soient restées à la base de l’arbre évolutif des animaux». L'étude, ici présenté, montre que cette place doit être occupée maintenant par le cténaire Mnemiopsis leidyi, «un organisme pélagique marin, gélatineux et carnivore qui se déplace à l’aide de huit rangées de cils».

    Comme, «le corps des cténaires est parcouru par un réseau de neurones, bien qu’il n’existe pas de centre nerveux différencié», alors que «les spongiaires en sont dépourvus», la comparaison du génome de Mnemiopsis leidyi à celui de l’éponge Amphimedon queenslandica, a fait découvrir que ces «deux animaux possèdent les mêmes gènes codant pour des fonctions nerveuses», ce qui montre que les éponges, qui ont perdu l’usage de ces cellules, «disposent de la machinerie génétique requise pour les faire fonctionner».

    Cependant, le fait que «les cellules contractiles des Mnemiopsis leidyi sont dépourvues de nombreux gènes qui codent pour des composants structuraux des cellules musculaires des animaux plus récents» indique que «les cténophores auraient acquis ces cellules spécialisées indépendamment des autres lignées», ce qui «tranche avec la théorie classique qui veut que les muscles ne soient apparus qu’une fois au cours de l’évolution des animaux».

     


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